La victime de viol par Roman Polanski implore de "refermer cette Affaire"

Par @Culturebox
Publié le 10/06/2017 à 12H22
Samantha Geimer, victime de viol par Roman Polanski en 1977 (photo 2017)

Samantha Geimer, victime de viol par Roman Polanski en 1977 (photo 2017)

© Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Violée à l'âge de 13 ans en 1977 par Roman Polanski, Samantha Geimer, aujourd’hui âgé de 54 ans et grand-mère, a témoigné vendredi en faveur du cinéaste devant un tribunal de Los Angeles, suppliant le juge de clore ce dossier pour lui permettre d'en finir avec cette affaire vieille de 40 ans.

Roman Polanski pardonné

"Je vous implore d'envisager d'agir de sorte qu'on puisse enfin refermer cette affaire, par pitié pour moi et ma famille", a déclaré Samantha Geimer, accompagnée de son mari lors d'une audience au tribunal supérieur de Los Angeles.

Lisant rapidement sa déclaration, cette femme de 54 ans, qui vit à Hawaï avec son époux, a expliqué être récemment devenue grand-mère. "Je ne veux pas avoir à expliquer à ma petite-fille pourquoi elle ne peut pas sortir ou répondre au téléphone, ou pourquoi il y a des caméras devant la maison et au final, ce qui est arrivé à sa mamie en 1977", a-t-elle poursuivi. 

Samantha Geimer a déjà dit par le passé avoir pardonné Roman Polanski et vouloir mettre fin à cette affaire mais c'était la première fois qu'elle faisait cette demande en personne, devant un tribunal.

Elle a suggéré au juge Scott Gordon d'explorer plusieurs voies pour tourner enfin la page, soit en décidant de classer l'affaire, soit en condamnant Roman Polanski à une peine qu'il a déjà purgée ou en annulant le mandat d'arrêt international visant le réalisateur de 83 ans.
Samantha Geimer et Roman Polanski, 2015

Samantha Geimer et Roman Polanski, 2015

© Kenzo TRIBOUILLARD, Janek SKARZYNSKI / AFP

Empathie pour Roman Polanski

"Vos paroles ont du poids pour ce tribunal", a commenté le juge Gordon. Le magistrat a précisé qu'il prendrait en compte cette déposition dans sa décision de rendre publics ou non les documents qui prouvent, selon Roman Polanski, l'existence en 1977 d'un accord amiable par lequel il devait passer en tout et pour tout 48 jours en détention pour ce viol. Il n'a pas précisé quand il en déciderait.

Après l'audience, Samantha Geimer a affirmé avoir une certaine empathie pour Roman Polanski, qui fait face, a-t-elle dit, aux mêmes abus qu'elle a endurés après le viol.

"Quand c'est arrivé, ma mère et moi avons (été traitées) comme des menteuses en quête de profits qui s'attaquaient au pauvre Roman. L'histoire était très différente", a-t-elle dit aux journalistes. Maintenant tout le monde le traite de pédophile et dit des choses terribles et fausses sur lui".

L’avocat de Roman Polanski, Harland Braun, a demandé vendredi que l'affaire soit classée, argumentant que son client avait déjà purgé sa peine. Le procureur s'est opposé à cette demande.