L'hommage de Saint-André-de-Valborgne à Bernadette Lafont

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/07/2013 à 16H47, publié le 28/07/2013 à 10H13
Obsèques de Bernadette Lafont, lundi, dans les Cévennes © SYLVAIN THOMAS

Les obsèques de l'actrice Bernadette Lafont, qui s'est éteinte jeudi à l'âge de 74 ans au CHU de Nîmes, ont eu lieu lundi à 11H00 au temple de Saint-André-de-Valborgne (Gard). Lors d'une cérémonie ouverte au public, près de 250 personnes ont rendu un dernier hommage à celle qui est "toujours restée simple et a toujours gardé ses racines cévenoles".

Ce sont essentiellement les habitants de la commune toutes générations confondues, qui ont voulu accompagner celle qu'ils ont "connue jeune".

Récit : Isabelle Baechler, C.Desse
"Un mot résume sa vie et sa carrière: gentillesse", a dit le pasteur Pierre-Alain Jacot du haut de la chaire de ce petit temple tout simple, où quelque 150 personnes avaient pris place, tandis qu'une centaine d'autres étaient restés à l'extérieur faute de place.Elle "aimait écouter pour permettre aux autres de s'exprimer". "Elle a toujours travaillé de la même façon pour les petits projets comme pour les grandes entreprises", a ajouté le pasteur, rappelant également que l'un des engagements discrets mais forts de l'actrice avait été la formation, dans son village, à Sommières et jusqu'en Chine.

Jean-Pierre Mocky, Marianne Denicourt,  Lionel Astier
Pour cette cérémonie au bord du Gardon, au fond des Cévennes, peu de personnalités avaient fait le voyage, hormis le réalisateur Jean-Pierre Mocky qui s'est souvenu, avec émotion, "avoir cohabité pendant 50 ans" avec la comédienne égérie de la Nouvelle vague. "C'était une fille formidable et on se voyait souvent", a-t-il ajouté.

Vue aussi aux abords du temple, l'actrice Marianne Denicourt ainsi que le comédien et auteur de pièces de théâtre Lionel Astier, dont Bernadette Lafont avait accepté il y a tout juste trois semaines d'être la marraine de sa pièce, "La nuit des Camisards", donnée jusqu'au 15 août à Alès.
Dans un coin, Françoise Lacassagne ne parvenait pas à croire à la disparition de son amie, à qui elle avait rendu visite au CHU de Nîmes, où elle avait hospitalisée le 22 juillet après "un malaise cardiaque". "Je l'ai vue avant qu'on l'emmène en réanimation et elle voulait se battre. Maintenant, il me reste sa joie de vivre, sa gaieté, sa voix, sa force, sa droiture", a-t-elle dit.
Les amis du cinéma aux obsèques de Bernadette Lafont © SYLVAIN THOMAS
Une inhumation dans la propriété familiale
Selon la tradition protestante dans les Cévennes, conséquence d'une longue interdiction d'enterrer les morts dans les cimetières publics pour les non-catholiques, la comédienne a ensuite été inhumée dans la propriété familiale aux côtés de sa fille, Pauline, morte accidentellement en 1988 à 25 ans, de ses parents et grands-parents.
 
La comédienne avait été hospitalisée lundi au CHU de Nîmes, après avoir été victime d'un malaise.

"C'était une amie", a déclaré peu avant les obsèques, M. Bourelly, le maire de la commune, ajoutant connaître "depuis toujours" celle qui était la marraine du festival de cinéma de la commune, Ciné-Cévennes, dont la 10e édition s'est tenue en avril dernier en sa présence.
 
Bernadette Lafont, qui était née en 1938 à Nîmes, avait tourné dans plus de 120 films. Elle avait connu cette année un beau succès dans le film "Paulette", où elle campait une retraitée qui se met à vendre du cannabis.  


Retour sur une belle et longue carrière au cinéma