Jean-Pierre Darroussin dans "Coup de chaud" : portrait d'un chouchou du public

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/08/2015 à 11H13, publié le 11/08/2015 à 11H11
Jean-Pierre Darroussin à Paris avant la sortie de "Coup de chaud" de Raphaël Jacoulot (30 juin 2015)

Jean-Pierre Darroussin à Paris avant la sortie de "Coup de chaud" de Raphaël Jacoulot (30 juin 2015)

© Jean-Pierre Darroussin avant la sortie de "Coup de chaud"

Crâne dégarni, moustache fournie et barbe de trois jours, Jean-Pierre Darroussin, 61 ans, est à l'affiche de "Coup de chaud", sur les écrans mercredi. Figure familière et appréciée du public français, le prolifique acteur n'en finit pas de jouer les "sympas tendres" du cinéma français.

"Il a une grande finesse de jeu et il dégage de l'humanité", dit de lui Raphaël Jacoulot, réalisateur de son dernier film. " Il y a quelque chose de juste dans l'idée qu'il joue une figure douce, modérée, progressiste".
              
Dans "Coup de chaud", Jean-Pierre Darroussin campe le maire d'un petit village dont les habitants désignent Josef (Karim Leklou), un fils de ferrailleur, comme source de tous leurs maux. Difficile pour lui de maintenir la confiance au fur et à mesure qu'une colère irrationnelle gagne la population, en plein été caniculaire.
 
"Mon personnage, c'est François Hollande", plaisante l'acteur aux plus de 80 films. "C'est quelqu'un qui essaie d'être beaucoup de choses à la fois, qui  navigue", explique à l'AFP cet habitué du cinéma social et engagé de Robert Guédiguian, qui se définit pourtant comme "un homme du consensus mou".
"Coup de chaud", la bande-annonce


Du théâtre au cinéma

"Je peux être engagé dans la parole, mais dans la réalité, je suis plus un observateur", ajoute le comédien, sympathisant dans les années 1970 de la Gauche  prolétarienne.
              
Ancien élève du Conservatoire, ce fils d'un artisan étameur joue d'abord pendant près de dix ans dans une troupe de théâtre avec Catherine Frot et Pierre Pradinas, le Chapeau Rouge, avant de percer au cinéma.
              
Après des petits rôles chez Philippe de Broca ou Bertrand Blier, il se fait  remarquer en ineffable baba cool dans "Mes meilleurs copains" de Jean-Marie Poiré en 1988. Mais il refuse ensuite de se spécialiser dans les rôles de "pitres".
              
"Dans les années qui ont suivi ce succès, ce personnage, qui ne m'avait que vaguement intéressé, a donné l'idée à des réalisateurs de me proposer des rôles d'abruti", raconte-t-il dans son livre "Et le souvenir que je garde au coeur", publié au printemps. "Je ne voulais pas tomber dans cette facilité".

"Dans le divertissement, il faut une dose d'avertissement"

Il a souvent fréquenté la comédie, dans laquelle son air nonchalant et flegmatique et sa voix traînante font merveille, de "Un air de famille" de Cédric Klapisch d'après la pièce d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (qui  lui a valu le César du meilleur acteur dans un second rôle en 1997) à "Cuisine et Dépendances" de Philippe Muyl, d'après une autre pièce des deux mêmes. Mais Jean-Pierre Darroussin n'a pas hésité à se lancer dans des  films plus âpres.
              
Membre de "la bande à Guédiguian", il a notamment tourné pas moins de 15 films, de "Dieu vomit les tièdes" à "Marius et Jeannette", avec le cinéaste marseillais, "un ami" qu'il connaît "depuis des temps immémoriaux".
             
"Dans le divertissement, qui est à la base du cinéma, il faut quand même qu'il y ait une petite dose d'avertissement, voire de subversif", glisse l'acteur avenant au crâne dégarni, moustache fournie et barbe de trois jours, en jeans et chemise en jean. "Je trouve qu'on fait ce métier-là pour interpeller, réveiller".

L'acteur ne rêve pas de devenir "une grosse vedette"            

Souvent abonné aux rôles de "sympa tendre", aux personnages familiers, il note qu'il est "rare qu'on (lui) donne des rôles de pervers sadiques". "Ca viendra  j'espère !", s'amuse celui qui s'apprête à tourner avec Stéphane Brizé dans "Une vie", adapté de Maupassant.
              
Habitué aussi aux seconds rôles, l'acteur confie ne pas rêver de devenir  "une grosse vedette", même s'il a joué plus de personnages principaux depuis la fin des années 1990 du "Poulpe" de Guillaume Nicloux à "Ah ! si j'étais riche"  de Michel Munz et Gérard Bitton en passant par "Les Grandes personnes", de son épouse Anna Novion.
              
"Je veux pouvoir continuer à jouer la comédie sans avoir à faire des choix pour maintenir une cote", tranche le comédien, qui s'est également essayé à la réalisation avec "C'est trop con" (1992) et "Le Pressentiment" (2006).