Guillaume Canet dans "Mon garçon" : "Ma plus grande expérience cinématographique"

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/09/2017 à 18H11, publié le 17/09/2017 à 18H09
Après "Joyeux Noël" et "L'Affaire Farewell",  Guillaume Canet retrouve pour la 3e fois le réalisateur Christian Carion.

Après "Joyeux Noël" et "L'Affaire Farewell",  Guillaume Canet retrouve pour la 3e fois le réalisateur Christian Carion.

© France 2 Culturebox

Tourner dans un film sans connaître le scénario ni les dialogues, improviser chaque jour en fonction des indices que le réalisateur donne : c’est le défi relevé par Guillaume Canet dans "Mon garçon", le nouveau film de Christian Carion (qui sort mercredi 20 septembre). Aux côtés de Mélanie Laurent, l’acteur incarne dans ce thriller sous tension un père absent qui part à la recherche de son fils.

"Ce scénario vous a été adressé personnellement. Merci de ne pas le faire lire à quelqu’un d’autre, de ne pas le divulguer. Vous en connaissez les raisons. Nous souhaitons préserver l’acteur principal et en plein accord avec lui, faire en sorte qu’il ne connaisse pas les détails du scénario". Voilà les mots d’avertissement qui figuraient en octobre 2016 sur la première page du scénario envoyé à l’équipe du film de Christian Carion, "Mon garçon". Avouez qu’il y a de quoi aiguiser le mystère et la curiosité autour d’un projet unique en son genre jusqu’à présent au cinéma ! 

L’histoire d'abord : c’est celle de Julien (Guillaume Canet), géologue à Veolia qui voyage à travers le monde. Il n’a que peu de temps à consacrer à son fils de 7 ans qui vit avec son ex-femme (Mélanie Laurent). Un jour, elle lui laisse un message : leur enfant a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien prend le TGV et part à la recherche de son fils dans le Vercors.
Canet et  Laurent © Copyright 2017 Nord-Ouest Films
Guillaume Canet n’en savait pas plus que vous qui venez lire ces lignes quand il a commencé ce tournage pas comme les autres. Christian Carion est venu un jour chez lui avec une valise, lui a dit quels vêtements prendre, l’a mis dans un TGV avec des clés de voiture, un téléphone portable contenant le message de Mélanie Laurent en larmes et... point barre. La caméra a commencé à tourner là, dans ce train qui l’emmenait vers les paysages glacés du plateau du Vercors.

Comment allait-il réagir ?

En clair : Guillaume Canet devait improviser en réagissant aux indices qu’il découvrait au fur et à mesure. Le reste de l’équipe (à peine une quinzaine de personnes) avait répété pendant deux semaines avant, elle ignorait par contre comment Guillaume Canet allait réagir face aux situations. "On était totalement dépendants de ce qu’il allait décider de faire" explique Christian Carion.

Reportage : P. Deschamps / E.Gouveia  Vermelho / S.Langlais / S.Gravelaine
Pour être sûr que le dispositif fonctionne jusqu’au bout, l’acteur a vécu isolé du reste du groupe pendant la durée de ce tournage : il prenait ses repas seul, dormait dans un lieu différent... Carion avait interdit à l’équipe de lui parler même pendant le tournage des scènes. "J'étais le seul à pouvoir lui parler. Je voulais accentuer la parano de Guillaume" explique le réalisateur. Résulat : Canet était constamment sur le qui-vive et totalement habité par son personnage.

Une expérience particulière

Invité du 20H de France 2, Guillaume Canet  raconte comment ces 10 jours de tournage ont été éreintants pour lui et pour toute l’équipe. Mais l'acteur en est ressorti ravi : "J’ai vécu la chose la plus merveilleuse qui soit en tant qu’acteur, en sortant du coté mécanique, très préparé et répété des tournages... Qu'on se plante ou pas, c'était une expérience cinématographique hors du commun".
"Mon garçon" est le cinquième long métrage de Christian Carion et le troisième qu'il tourne avec Guillaume Canet après "L'Affaire Farewell" et "Joyeux Noël". C'est d'ailleurs sur ce tournage en 2005 que le réalisateur lui a parlé pour la première d'un film "sur un père qui essaie de retrouver son fils disparu". Le temps a passé, l'idée est restée et Carion est revenu à la charge l'été dernier. Canet était surbooké : "Si tu veux qu'on tourne, ok mais on le fait en trois jours". Il y en a eu à peine sept de plus... On dit souvent que des contraintes naissent les projets les plus créatifs. Pour le savoir, rendez-vous le 20 septembre au cinéma !