Festival cinéma d'Alès : un grand cru clôturé en musique

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/04/2013 à 22H22, publié le 04/04/2013 à 11H37
festival d'alès cratère © Maïlis Dommet

Après avoir joué les prolongations en ce début de semaine, le 31e Festival Itinérances d'Alès s'est finalement achevé mardi soir avec l'avant-première de la nouvelle pépite de Gus Van Sant : "Promised Land". Retour sur cette belle aventure où quelques 46 000 amateurs du 7ème Art ont pu vibrer au son de la musique et du cinéma et rendez-vous dès mars prochain pour une nouvelle édition.

Un final à la hauteur de l'évènement 
Dimanche soir, soirée de clotûre. Le délégué général d'Itinérances, Antoine Leclerc, a la larme à l’œil. Et pour cause. Il faudra attendre un an pour retrouver le mythique Cratère bouillonnant de vie et fourmillant de mangeurs de toiles. En attendant, le lieu redeviendra théâtre et les amoureux du 7e Art pourront se nourrir de blockbusters grâce au multiplex flambant neuf qui fera bientôt partie intégrante du paysage alésien. 

Pour finir en apothéose avant la soirée de clotûre, inutile de préciser que le concert de musique de films par l'orchestre symphonique Divertimento dirigé par Zahia Zouani a fait salle comble. Devant tant d'insistance de la part du public, les musiciens n'ont pu qu'une fois de plus charmer nos oreilles attentives avec pas moins de deux Bis sous des tonerres d'applaudissements. De "Holly Dolly" à "Star Wars", en passant par la mémorable musique de Mancini commandée pour le film "Le Mépris" de Godard, le cinéma nous a propulsé encore une fois dans un autre univers. Les yeux pétillants d'amiration devant l'irréprochable performance, les spectateurs ont pu vivre un moment de ravissement pur, bercés par la musique de plus de 50 musiciens professionnels. 

Reportage de P. Goupillon, G. Detcheverry, F. Alibert, B. Rouch

Les images en mouvement s'arrêtent donc pour un temps, mais laisseront dans le cœur du public des souvenirs inoubliables. L'honneur en revient à Antoine Leclerc qui a programmé des films aussi riches que variés et déniché quelques raretés en copies restaurées, ainsi qu'à toute l'équipe du Festival sans qui rien n'aurait été possible. Rappelons par ailleurs q'une action est menée toute l'année en collaboration avec les écoles de la région Languedoc-Roussilon afin de transmettre le virus du cinéma aux spectateurs de demain. 


Itinérances 
On retiendra tout particulièrement la visite de Walter Salles, le réalisateur brésilien au français irréprochable dont les films à caractère social, quelque part entre fiction et documentaire, ont donné au public une vision du Brésil qui colle parfaitement à la réalité contemporaine du pays. Walter, parti mercredi après avoir déclaré que « la grande salle du Cratère avait une meilleure qualité de projection que le palais des festivals à Cannes », a laissé un grand vide. L'itinérance ne s'est pas pour autant transformée en errance, et le Festival a filé du côté des terres du Nord pour une rencontre avec les perles du cinéma norvégien. Mention spéciale à l'excitant thriller de Morten Tyldum « Headhunters », machine à succès d'une efficacité redoutable, qui débarquera sous peu sur nos écrans.
 

Walter Salles au Festival Itinérances 2013

Walter Salles au Festival Itinérances 2013

© Maïlis Dommet

D'étranges créatures  
Autre moment phare, qui illustre parfaitement l'ambiance chaleureuse et presque familiale qui règne en ces lieux : une étrange créature a fait le pied de grue dans le hall du Cratère attendant que les garnements des écoles aient fini leur séance. Le Gruffalo, une bête poilue rappelant vaguement Chewbacca  s'est fait tiré la queue par quelques rigolos, curieux de voir qui se cachait sous le costume. Le pauvre hère a eu chaud, au propre comme au figuré, mais aura fait le bonheur des enfants, qui voulaient tous leur photo avec Gruffalo (et les fraises tagada qui traînaient).  

Le Gruffalo

Le Gruffalo

© Etienne Pons

Quant à la zombiemania qui s'est emparée du monde depuis quelques années, elle a gagné la foule pour un Saturday Night Diner avec hémoglobine en entrée, tripes en plat de résistance et viscères au dessert. Vous l'aurez compris, la nuit zombie placée sous le signe de l'humour avec le très british « Cockney versus Zombies » de Matthias Hoene et le barré « Dead Snow » de Tommy Wirkola (« Hansel et Gretel chasseurs de vampires ») a tenu toutes ses promesses avec quelques 2 200 visiteurs, un record pour le Festival.

L'amour du cinéma s'est aussi exprimé à travers la carte blanche offerte à Emile Breton, un grand monsieur de la critique devenu une emblème du journal l'Humanité, qui a partagé avec le public sa passion pour Renoir et André de Toht et a même échangé avec des lycéens sur le film « The We and The I » de Michel Gondry. Comme quoi, même à 80 passés, tant qu'il y a le ciné, il y a la santé.


Entre musique et cinéma  
Le Festival a aussi  consacré à travers de nombreux films la relation entre musique et cinéma dont le plus marquant a sans doute été "La planète sauvage", film d'animation français multiprimé alliant le savoir faire de Laloux et Topor à la musique électronique d'Alain Gorager. Dans un tout autre genre, "Pop redemption", comédie délirante et décalée de Martin le Gall sur un groupe de black-metal perdu au pays de la fraise et projeté trois mois avant sa sortie officielle a été sans conteste la bonne surprise du Festival. Quand on voit l'état actuel des comédies françaises, on gage que le film viendra donner à la chaleur de l'été, propice à la comédie franchouillarde, une bouffée d'air frais.
 

Gregory Gadebois, Jonathan Cohen, Yacine Belhousse et Julien Doré dans Pop Redemption

Gregory Gadebois, Jonathan Cohen, Yacine Belhousse et Julien Doré dans Pop Redemption

© Avalon -Gaumont

Itinérances a aussi permis à des films méconnus de trouver audience, en proposant des échanges entre réalisateurs et public, comme ce fut le cas pour "Made in Bolivia" d'Alexandre Pierrin et Pierre Boisson, un documentaire évoquant la vie de jeune rappeurs boliviens à qui l'on souhaite une belle carrière. 

Vous êtes prévenus : aucun absentéisme ne sera toléré l'année prochaine. 

NB : Pour retrouver un peu de la magie d'Itinérances 2013 et découvrir le travail des jeunes lycéens en charge de la rédaction du journal du Festival : "Toute la ville en parle", rendez vous sur  le site itinérances.org