Alain Delon, cet inconnu : un documentaire à revoir sur Pluzz

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/11/2015 à 11H40, publié le 01/11/2015 à 18H07
Alain Delon au 14e Festival de Cannes en 1961.

Alain Delon au 14e Festival de Cannes en 1961.

© HUFFSCHMITT/SIPA

Le portrait documentaire inédit du comédien, diffusé lundi 2 novembre sur France 3, est en replay sur Pluzz pour une semaine. Conçu à l'occasion de ses 80 ans, le film a été réalisé sans la participation de l'homme qui vit aujourd'hui retiré dans le Loiret, loin des caméras. Seulement après visionnage du film terminé, Delon a "autorisé" le film qu'il a qualifié "d'époustouflant".

Fin de non recevoir

La productrice du documentaire, entièrement constitué d'images d'archives et d'extraits de films, s'est lancée dans l'aventure sans autorisation car sa demande s'était heurtée à "une fin de non-recevoir" des avocats de Delon. "J'ai pris le risque de l'amour", raconte Patricia Boutinard Rouelle à  l'AFP. "Je rêvais depuis plus de 10 ans de faire ce film". 
Alain Delon au 66e Festival de Cannes en 2013

Alain Delon au 66e Festival de Cannes en 2013

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Ce n'est qu'une fois le film terminé par le réalisateur Philippe Kohly, qu'Alain Delon a "autorisé" sa diffusion. Il a appelé la productrice pour lui dire qu'il le trouvait "époustouflant". "Ce film n'est pas bon, il est à la limite du magnifique, il est extraordinaire. C'est juste fracassant", s'est-il exclamé, une phrase dont elle a noté chaque mot.

Avoir le pouvoir

Le comédien, dirigé par les plus grands réalisateurs français mais aussi étrangers comme Luchino Visconti ou Joseph Losey, a joué dans quelque 90 films dont certains devenus cultes tels "Le Samouraï", "La Piscine" ou "Plein Soleil". 

Le réalisateur a expliqué à l'AFP avoir tenté de "démasquer l'homme" à la "beauté sauvage, inquiète, arrogante, inaccessible, sûre d'elle-même". Jusqu'en 1963, dans "Le Guépard" de Luchino Visconti, "il est encore un jeune homme". "Je me trouvais personnellement fadasse, c'est-à-dire mièvre, jeune", a confié Delon dans un entretien exhumé par le réalisateur, "je ne me trouvais pas assez physiquement viril, on dirait aujourd'hui trop minet".
 

"Le coeur de son problème, c'était d'être un homme", estime Philippe Kohly, "et être un homme signifiait pour lui avoir le pouvoir". Il le prend en créant sa maison de production en 1970, "impatient de tout régenter".

Objet du désir

Agé d'à peine 20 ans, il fait "chavirer" le coeur de l'actrice Brigitte Auber, star de "La Main au collet" d'Hitchcock. "J'étais tout à fait stupéfait à l'époque d'être l'objet du désir d'une vedette de cinéma", dira-t-il en 1991. D'autres "grandes amours" suivront avec Romy Schneider ou Mireille Darc et toute une myriade de "delonettes", comme la productrice surnomme ses conquêtes féminines, Véronique Jeannot, Anne Parillaud... 
Avec Romy Schneider en 1962.

Avec Romy Schneider en 1962.

© DALMAS/SIPA

Pour se faire une idée plus précise, la productrice a beaucoup parlé avec Mireille Darc qui a partagé sa vie 13 années durant. "Quand Mireille parle de lui, elle est trop mignonne, et toujours amoureuse". "La nuit je me réveillais, je le regardais dormir avec ses longs cils recourbés et je pleurais", lui a confié l'actrice.

"Alain Delon, cet inconnu", documentaire de Philippe Kohly - diffusé lundi 2 novembre sur France 3 et en Replay sur Pluzz durant une semaine