A Tours, Claudia Cardinale défend le jeune cinéma italien

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/02/2015 à 15H47, publié le 09/02/2015 à 15H38
Claudia Cardinale à Vienne, en mars 2014

Claudia Cardinale à Vienne, en mars 2014

© Eventpress / Schraps / Picture-Alliance

La comédienne Claudia Cardinale, invitée d'honneur des Journées du film italien "Viva Il Cinema" organisées par la cinémathèque de Tours du 11 au 15 février, a saisi avec enthousiasme cette occasion de défendre des oeuvres trop souvent méconnues en France.

"Ces journées permettront de montrer des films qui ne sont pas distribués en France, c'est une très bonne initiative", se félicite l'actrice aux 150 films dans un entretien avec l'AFP à quelques jours du festival.

Premiers films

"En Italie, il n'y a pas de financement comme en France. L'industrie du cinéma est très mal organisée. Mis à part les films de Nanni Moretti, aucun ne passe la frontière. Alors j'ai décidé à ma façon d'aider le cinéma italien en participant à des premiers films", explique-t-elle. Claudia Cardinale a récemment tourné dans "Una gita a Roma", le premier long métrage de l'actrice italienne Karin Proia et croule en ce moment sous les demandes des jeunes réalisateurs.

"C'est formidable, car en faisant ça, elle les inscrit dans une histoire du cinéma qui a connu des heures de gloire. En France, quand on pense cinéma italien, on l'associe au cinéma du passé aux films de Fellini, de Visconti. Ça occulte le cinéma actuel qui traverse une crise mais qui est de très grande qualité !", déplore Louis D'Orazio, président de l'association Henri Langlois qui organise la manifestation avec la Cinémathèque de Tours.

Pourtant, les réalisateurs italiens de la nouvelle génération "accumulent les récompenses dans les festivals où ils sont invités", relève-t-il. "Des jeunes réalisateurs feront le déplacement d'Italie jusqu'à Tours pour présenter leurs films en avant-première, mais aussi pour rencontrer Claudia Cardinale. Ces journées sont une aubaine pour eux", explique Agnès Torrens, directrice de la Cinémathèque de Tours Henri Langlois.

Fabio Mollo viendra présenter "Il sud è niente" (Le Sud sinon rien) et Antonio Morabito "Il venditore di medicine" (Le Vendeur de médicaments), films qui n'ont jamais été projetés en France, faute de distributeur.
"Il sud è niente" ("Le Sud sinon rien") de Fabio Mollo

"Il sud è niente" ("Le Sud sinon rien") de Fabio Mollo

© Madakai
Bolognini, Fellini et Visconti
   
Le public pourra assister à des conférences, des expositions et voir une vingtaine de films dont deux avec Claudia Cardinale : "La Ragazza" (1963) de Luigi Comencini et "Liberté, mon amour" de Mauro Bolognini, l'un des préférés de l'actrice qui rencontrera le public à l'issue de la séance le samedi 14  février. 
Claudia Cardinale dans "La Ragazza" (ou "La ragazza di Bube") de Luigi Comencini (1963)

Claudia Cardinale dans "La Ragazza" (ou "La ragazza di Bube") de Luigi Comencini (1963)

© Photo12.com - Collection Cinema / Photo12
"Mauro Bolognini était un maître. Il a réalisé Le Bel Antonio que j'ai tourné avec Marcello Mastroianni et Pierre Brasseur. A l'époque, il y avait beaucoup de co-productions franco-italiennes. C'était le cas aussi de La Viaccia, également de Bolognini avec Jean-Paul Belmondo", se souvient "La" Cardinale.

"Ironie du sort, j'ai fait mes premiers pas au cinéma avec des réalisateurs Français, René Vautier et Jacques Baratier", souligne Claudia Cardinale qui, née en 1938 à Tunis alors Protectorat français de Tunisie, ne parlait pas italien. "Dans les films italiens j'étais doublée car on n'aimait pas ma voix, trop  basse. L'une des premières fois que je n'ai pas été doublée, c'était pour "Huit et demi", encore un film franco-italien réalisé par Federico Fellini. Je parlais italien avec un terrible accent français", s'amuse-t-elle.

Au panthéon des grands cinéastes italiens, elle cite aussi Luchino Visconti  : "C'est à cause de lui que je fume ! Il aimait me filmer cigarette à la main. Pour la pause disait-il !". Elle savait tout de même parfois lui refuser. "Quand on a tourné "Le  Guépard", avec Alain Delon, il me disait à l'oreille : "quand tu l'embrasses, je veux voir la langue". Je ne le faisais pas. C'était une autre époque", sourit-elle.
Le baiser de Claudia Cardinale et Alain Delon dans "Le guépard" de Visconti...

Le baiser de Claudia Cardinale et Alain Delon dans "Le guépard" de Visconti...

© Titanus / Collection Christophel
Western

Claudia Cardinale aimerait que le cinéma italien retrouve aujourd'hui son lustre d'antan en Italie mais aussi en France. Elle rêve de films à nouveau coproduits par des sociétés françaises et italiennes. Et distribués en France. En attendant, elle vient de tourner "Once upon a time in the western" du  Bulgare Boris Despodov. L'occasion pour elle de revenir sur les lieux du tournage du mythique "Il était une fois dans l'ouest" de Sergio Leone dont elle fut l'héroïne avec Charles Bronson et Henry Fonda.