"Tout en haut du monde", un merveilleux bol d’air glacé sur la banquise

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 24/01/2016 à 10H45
"Tout en haut du monde" de Rémi Chayé 

"Tout en haut du monde" de Rémi Chayé 

© Sacrebleu Productions / Maybe Movies / 2 minutes / france 3 Cinéma / Norlum

Pour son premier long-métrage, Rémi Chayé réussit un coup de maître. Ce film d’animation est une réussite, alliant un style graphique épuré à une grande épopée dans les glaces. Un régal.

La note Culturebox

5
5/5
Ne tournons pas autour du pot, ce film, qui nous rend notre âme d’enfant durant 80 minutes, est un coup de cœur. Esthétique, créatif… sans jamais sacrifier l’essentiel : l’histoire. Et cette dernière tient parfaitement la route, librement inspirée du journal de bord d’Ernest Shakleton, prisonnier des glaces durant 22 mois, alors qu’il tentait de traverser l’Atlantique.

La scénariste Claire Paoletti a basé son récit dans la Russie des Tsars, en 1882. Une jeune aristocrate veut partir sur les traces de son explorateur de grand-père, disparu alors qu’il tentait de conquérir le Pôle Nord. Dans un Saint-Pétersbourg magnifiquement réinventé, baigné d’une douce lumière d’automne, la petite Sacha va s’émanciper, échappant à ses parents et au régime, pour aller embarquer en douce avec une bande de rudes marins. Avec eux, elle va vivre une aventure glaçante, secouée par les vagues, les tempêtes de neige et le fracas des icebergs qui s’effondrent. Sans parler des rencontres inopportunes, comme cet énorme et inamical ours blanc affamé.
"Tout en haut du monde" de Rémi Chayé - © Sacrebleu Productions / Maybe Movies / 2 minutes / france 3 Cinéma / Norlum

Chaque plan est délicieusement composé, d’une élégance parfaite. Les villes, les ports, les paysages enneigés sont des tableaux. Tandis qu’avec quatre ou cinq traits minimalistes, le visage de Sacha s’illumine ou s’inquiète avec une précision diabolique. Rémi Chayé a tenté et réussi la fusion de plusieurs techniques : l’animation la plus classique, à l’ancienne, mixée à des objets 3D de la plus grande précision, les bateaux notamment. Ce mélange des genres aurait pu mal tourner, c’est le contraire qui s’est produit, sublimant cette grande saga.

Ajoutez à cette réussite scénaristique et graphique un travail minutieux sur le son, les musiques et le doublage des personnages… « Tout en haut du monde » porte bien son nom, tout en haut de son genre, sans esbroufe, à des années-lumière des budgets des grands studios américains. Un travail formidable, un spectacle familial de grande qualité pour grands et petits.
"Tout en haut du monde" de Rémi Chayé . © Sacrebleu Productions / Maybe Movies / 2 minutes / france 3 Cinéma / Norlum

La Fiche

Film d’animation franco-danois de Rémi Chayé – Avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine, Thomas Sagols et Rémi Caillebot – Durée : 1h20 – Sortie : 27 janvier 2016

Synopsis : 1882, Saint-Pétersbourg. Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d'un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.