Sortie d'Iron Man 3 : les superhéros des temps de crise

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/04/2013 à 09H48, publié le 23/04/2013 à 17H26
Affiche du film "Iron Man 3"

Affiche du film "Iron Man 3"

© Marvel Films

Iron Man, le superhéros de Marvel, après un détour chez les Avengers, revient pour un troisième opus au cinéma. Tony Stark, le playboy milliardaire, a des problèmes. Avec moult gadgets, un intellect hors-norme et la classe de Robert Downey Jr, on parie qu'il arrivera une nouvelle fois à sauver le monde. En ces temps de crise, rien ne peut faire plus de bien qu'un authentique superhéros en armure.

Iron Man (littéralement l'homme de fer), tout comme Thor, a troqué les costumes moulants pour une armure en titane dernier cri. La saga, sortie en 2008, est un franc succès, Iron Man 2 (2010) dépassant même le premier opus en terme d'entrées en France. Pour autant, le champion du box-office mondial reste sans conteste Avengers, qui arrive troisième au palmarès des films les plus rentables de l'histoire du cinéma (après Avatar et Titanic).
Il faut dire que les studios font très attention à ne sortir en moyenne qu'un grand film de superhéros par an pour éviter une perte de contrôle et d'argent. Pour autant, le piètre "Thor" et le dégoulinant "Captain America" ne sont pas vraiment un gage de qualité. Heureusement qu'il y a eu "Avengers" et surtout la série des "Batman" de Nolan pour relever le niveau. 

Aujourd'hui (outre "The Dark Night Rises" que nous mettrons à part), l'univers des superhéros est surtout affaire de gros sous. Pour que le film soit rentable, nos amis d'outre-atlantiques mettent le paquet sur les inévitables effets spéciaux mais surtout donnent au public ce qu'il veut voir. Le superhéros a toujours exorcisé les démons de l'Amérique. D'abord comics, les aventures de Superman dans les années 30 ont été créé pour faire face à la grande dépression tandis que Captain America galvanisait un pays en guerre. Enquête sur ce phénomène à l'heure où la crise économique, sociale et identitaire touche de plein fouet l'Amérique. 

Reportage de C. Antic, A. Placier, M. Fouletier
La patrie en danger

Les films américains ont toujours mis l'instinct de survie en porte à faux, comme moteur de l'action par excellence. Les western les premiers, ont une relation toute particulière à la terre. Il faut se battre pour défendre son territoire et pouvoir vivre en paix à la sueur de son front. Iron man ne déroge pas à la règle. Il est l'authentique superhéros capable de sauver le monde (qui est représenté par l'Amérique), l'ordre et la morale. Tony Stark / Iron Man est le reflet fantasmé de ce que nous voudrions être. Après ses erreurs de jeunesse dans les deux premiers opus, qui lui font prendre conscience des vrais valeurs de la vie (en résummé travail, famille, patrie), il se montre exemplaire et devient un modèle pour tous les Américains. Tel un phénix, il renaît chaque fois de ses cendres et part combattre les méchants au péril de sa vie.

La morale est sauve

Tony Stark est un homme, mais un homme extraordinaire, qui à l'instar de Captain America -qui reste le superhéros américain par excellence- assume sa double identité. "Un grand pouvoir implique une grande responsabilité", explique l'oncle Ben au futur Spiderman avant de mourir. C'est bien de cela qu'il s'agit. Les films de superhéros sont profondément moraux puisqu'ils mettent en évidence le devoir moral de sauver la patrie. Un moyen de rappeler à tout le monde qu'on peut surmonter tous les obstacles si on se sert les coudes et qu'on a la foi. Pour couronner le tout, Stark est milliardaire, issu d'une génération de self-made man qui a fait la grandeur de l'Amérique et il découvre peu à peu l'amour et le sens du devoir. 
Iron Man et Captain America dans "Avengers"

Iron Man et Captain America dans "Avengers"

© Allociné / The Walt Disney Company France
Restaurer le sentiment d'appartenance

Mais pour que le film de superhéros réussisse à obtenir l'adhésion complète du spectateur, il faut aussi une part de noirceur, et une notion de bien et de mal. Comme dans "Spiderman 3" où "The Dark Knight Rises", c'est d'abord contre lui-même qu'Iron Man devra lutter pour pouvoir restaurer son image et être habilité à combattre le gros vilain. 
Depuis le 11 septembre, on constate que les films de superhéros suscitent un engouement toujours plus grand, permettant de redonner à l'Amérique le visage de l'espoir. Les producteurs l'ont compris depuis les débutrs du cinéma : c'est le sentiment d'appartenance qui établit en grande partie le succès populaire d'un film. En se sentant proche du héros  et absorbant les images en rafales qui invitent  à mettre son cerveau en orbite, le spectateur pourra le temps d'un film échapper à la grisaille quotidienne, tout en se rappelant inconsciemment qu'on parle directement de lui. 
Bande annonce d'"Iron Man 3" (VOST)