"Numéro Une" : Emmanuelle Devos et les chiens de garde

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/10/2017 à 13H58, publié le 08/10/2017 à 15H08
Emmanuelle Devos dans "Numéro Une"

Emmanuelle Devos dans "Numéro Une"

© Pyramide Distribution

Le plafond de verre existe toujours et il est bien gardé par une meute politico-économique. Emmanuelle Devos va vite le constater. Lancée dans la conquête du pouvoir dans une grande entreprise stratégique, elle découvre que les hommes en place ne sont pas disposés à lui ouvrir les portes. Malgré une approche très classique, Tonie Marshall réussit sa démonstration.

La note Culturebox

3
3/5
Une femme, pour la première fois, est en passe d’accéder à la tête d’une des principales entreprises du CAC 40. Elle le mérite, elle a les épaules, le talent, la détermination nécessaires… Mais le chemin du pouvoir est semé d’embûches. Tous les coups sont permis, y compris les plus tordus. Les loobystes voient d’un mauvais œil l’arrivée de ce profil féminin dans un univers chargé en testostérone. Dans les cercles, les clubs, les conseillers de l'ombre se liguent pour lui barrer la route.
Emmanuelle Devos campe bien cette jeune femme de tempérament, ambitieuse mais pas vraiment préparée à tout sacrifier pour arriver au sommet. Elle-même s’appuie sur un groupe de pression féministe qui voit en elle le symbole d'une société nouvelle mais dont les relais sont dérisoires au regard de ceux de l'adversaire. 

Plutôt académique sur la forme, le film de Tonie Marshall débute un peu laborieusement. Les premiers dialogues souffrent d'une certaine raideur, la vie au sein d’un Comex (le comité exécutif, la direction opérationnelle et stratégique d'une entreprise) n’est pas criante de vérité. Fixer le récit dans les tours de la Défense, dans un univers désincarné et si souvent vu, n’aide à pas à donner de la chair au film qui démarre frein à main bloqué. Heureusement, ça s’arrange assez vite, les personnages s'affirment et l'intrigue peut se déployer. 

Reportage : Elisabeth de Pourquery
Super-méchant et super-mielleux, Richard Berry est très bien en vieux séducteur sans scrupule, toujours prêt à sortir les dossiers noirs. Benjamin Biolay fait du Biolay, sans forcer, en dandy hédoniste qui manœuvre en coulisses. On aime bien également, Sami Frey, en philosophe en bout de course, tour à tour ravi  puis jaloux de la réussite de sa progéniture.

Un peu plus de folie dans sa réalisation aurait donné au film une autre épaisseur. Mais au final, Tonie Marshall réussit sa démonstration et nous livre une vision convaincante d'un marigot économico-politique peu reluisant. 
Sami Frey et Emmanuelle Devos dans "Numéro Une" © Pyramide Distribution

La fiche

Comédie dramatique (France) de Tonie Marshall – avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Richard Berry, Samy Frey, Benjamin Biolay et Jérôme Deschamps – Durée : 1h50 – Sortie 11 octobre 2017
Synopsis : Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s'annonçait exaltante, mais c'est d'une guerre qu'il s'agit.