"Nos patriotes", le destin d'un tirailleur sénégalais héros de la Résistance

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/06/2017 à 18H12, publié le 11/06/2017 à 17H35
Marc Zinga (2e en partant de la doite)  incarne pour la première fois à l'écran de destin hors-normes d'Addi Bâ, un tirailleur sénagalais devenu le chef du maquis dans les Vosges.

Marc Zinga (2e en partant de la doite)  incarne pour la première fois à l'écran de destin hors-normes d'Addi Bâ, un tirailleur sénagalais devenu le chef du maquis dans les Vosges.

© Christine Tamalet

"Nos Patriotes", le deuxième long-métrage de Gabriel Le Bomin, s’inspire d’une histoire vraie, celle d’Addi Bâ, un jeune tirailleur sénégalais qui fut le chef du premier maquis dans les Vosges. Porté par Marc Zinga et Alexandra Lamy, le film (en salles le 14 juin) évoque aussi le destin de ces Français pris dans la guerre et leur comportement pour résister (ou pas) à l’occupant allemand.

C’est un destin hors-norme qu’a choisi de porter à l’écran le réalisateur Gabriel Le Bomin, celui d’Addi Bâ Mamadou (aussi orthographié Hady Bah), un jeune Peul né en 1911 en Guinée qui devint le chef du premier maquis des Vosges. Comment arriva-t-il jusque-là ? On connaît peu de choses de sa vie en Afrique. Dans les années 1930, Addi aurait été employé comme aide de cuisine par un colon français qu'il va suivre en France. Vers 1936-37, il travaille à Langeais (Indre-et-Loire) dans la famille du percepteur de la ville.
Nos Patriotes  Zinga devant camion © Christine Tamalet
Quand la guerre éclate, il intègre le 12e régiment des tirailleurs sénégalais et se bat dans les Ardennes. Fait prisonnier, il s'échappe avec une poignée de camarades et se cache dans les forêts vosgiennes. C’est là, avec l’aide de villageois, qu’il va obtenir de faux papiers et devenir le chef du premier maquis de la région. Capturé et fusillé en 1943, il a été décoré à titre posthume en 2003 de la Médaille de la Résistance.

Reportage : M-H. Bonnot / T. Breton / L. Calvy / V. Castel 

"Le Terroriste noir"

Son destin avait déjà fasciné l’écrivain guinéen Tierno Monénembo (Prix Renaudot 2008 avec "Le Roi de Kahel") qui a écrit en 2012 "Le Terroriste noir" (Seuil). Le livre a servi de base au travail de Gabriel Le Bomin.

Le réalisateur est un passionné d’Histoire qui a déjà signé un court-métrage sur une famille de maquisards ("L’Occupant") et "Les Fragments d’Antonin" en 2006 autour des traumatismes de la Grande guerre. Cette fois, il voulait rendre hommage à ces héros méconnus de la guerre, à la fois les tirailleurs sénagalais dont le sacrifice a été longtemps ignoré par l'Etat français et monsieur et madame tout le monde.
Bande annonce "Nos Patriotes" de Gabriel Le Bomin
Aux côtés d’Addi Bâ - incarné par Marc Zinga, qu’on a vu cette année au cinéma dans "Bienvenue à Marly-Gomont" et au théâtre dans "La Tragédie du roi Christophe" d’Aimé Césaire - une galerie de personnages est convoquée, qui permet d’aborder la palette des réactions face à l’occupant allemand.

Alexandra Lamy incarne une institutrice de caractère qui essaie de réagir avec ses modestes moyens, Antoine Chappey, son mari devenu alcoolique après avoir combattu dans les tranchées de 14-18, Pierre Deladonchamps est un employé de la Préfecture qui ne veut pas appliquer les consignes de Vichy et enfin Louane Emera, une jeune résistante...
Alexandra Lamy et Marc Zinga

Alexandra Lamy et Marc Zinga

© Alain Guizard
Résistant. Un mot qui n’existait pas à l'époque, comme le rappelle le réalisateur : "Il arrive plutôt fin 41 début 42. Ceux qui dès le mois de septembre 1940 refusent l'état de fait, la défaite et l'occupation, ces gens-là cherchent à faire quelque chose, ils se dénomment des patriotes".