"Noces" : un film sur le mariage forcé inspiré d'une tragique histoire vraie

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/02/2017 à 12H31, publié le 20/02/2017 à 12H12
Lina Al Arabi dans "Noces" 

Lina Al Arabi dans "Noces" 

© Jour2fête

"Noces" qui sort dans les salles obscures ce mercredi, aborde un sujet douloureux. Les mariages arrangés. A 18 ans, Zahira qui vit en Belgique apprend que sa famille d’origine pakistanaise lui a choisi un mari. Une fiction du réalisateur belge Stephan Streker qui puise son inspiration dans un tragique fait divers.

Synopsis

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille, jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir. Sa grande soeur, qui a été obligée d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, essaie de la ramener à la raison. Zahira rencontre Pierre, dont elle s'éprend. André, le père du jeune homme, tente de plaider sa cause auprès des parents de la jeune fille...

Reportage : N.Hayter / J.B.Hayer / M.Benito / F.Menin / C.Gindre


Un tragique fait divers

En 2007, l’affaire Sadia Sheikh avait ému la Belgique. Cette jeune fille d’origine pakistanaise, habitant Charleroi, qui refusait un mariage forcé avait été tuée par son frère parce qu’elle avait "déshonoré" sa famille. Les parents soupçonnés d’avoir commandité ce crime ont été reconnus coupables par la justice belge. Pour son troisième long métrage, le réalisateur et scénariste belge Stephan Streker, ancien journaliste, s’est donc largement inspiré de ce terrible fait divers.

Je pense que Zahira est à la fois un symbole et une héroïne moderne. C’est la Antigone d’aujourd’hui. Celle qui a dit non. Et je pense que la destinée de cette jeune fille méritait d’être racontée.

Stephen Streker


700 millions de femmes mariées de force

Un mariage arrangé et forcé au XXIe siècle. On a du mal à imaginer que cela puisse encore exister. Et pourtant, cela concerne 700 millions de femmes dans le monde. C’est monnaie courante, même pour les jeunes filles qui ont grandi dans des pays occidentaux.

Pendant les vacances scolaires, les filles sont ramenées dans leur famille et mariées de force dans ces pays-là. N’ayant plus leur passeport, elles ne peuvent plus revenir en Europe.

Claire Broussal
Women's Worldwide Web

 

Une scène du film avec Lina El Arabi et Aurora Marion 

Une scène du film avec Lina El Arabi et Aurora Marion 

© Jour2fête


Le poids des traditions

Entre l’amour pour leur famille et leur désir d’émancipation, ces jeunes filles sont confrontées à un cruel dilemme. Car un mariage arrangé annulé signifie le déshonore pour les parents de la future mariée. Dans le film, Zahira explique que son père ne pourra pas retourner au Pakistan, qu’il sera rejeté par toute la communauté. "Noces" n’est pas un film qui juge le comportement des proches de Zahira. Au contraire, Stephan Streker invite le spectateur à mieux comprendre cette famille prise en otage par le poids des traditions.
 

Moi, en tant que comédienne, j’ai aimé chaque personne de cette famille. Et ça rend la tâche encore plus difficile, mais plus intéressante.

Lina Al Arabi (Zahira)
 

"Noces", de Stephan Streker, au cinéma à partir du mercredi 22 février 2017. 

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