Michel Gondry raconte "Microbe et Gasoil", un film largement autobiographique

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/07/2015 à 09H41, publié le 08/07/2015 à 09H36
Michel Gondry, avec Ange Dargent (à gauche) et Theophile Baquet (à droite), les deux jeunes acteurs de son nouveau film, "Microbe et Gasoil" (2 juillet 2015)

Michel Gondry, avec Ange Dargent (à gauche) et Theophile Baquet (à droite), les deux jeunes acteurs de son nouveau film, "Microbe et Gasoil" (2 juillet 2015)

© Joël Saget / AFP

"C'est l'histoire d'une amitié", dit-il. Après "L'Ecume des jours", le réalisateur Michel Gondry revient à une fiction intimiste et dépouillée avec "Microbe et Gasoil ", un film largement inspiré de sa propre adolescence, qui sort sur les écrans mercredi 8 juillet.

Avec ce onzième long métrage, Michel Gondry immerge le spectateur dans la vie de Daniel, surnommé "Microbe", garçon timide de 14 ans amateur de dessin, qui rencontre Théo, dit "Gasoil", grande gueule et bricoleur. Une amitié se noue entre ces deux adolescents un peu en marge. Alors que les vacances approchent, ils décident de partir sur les routes de France à bord d'une drôle de machine, une "voiture-maison" qu'ils ont fabriquée eux-mêmes.
              
Nourri des souvenirs de jeunesse de Michel Gondry dans "une famille de hippies de Versailles", le film est "complètement autobiographique" dans la première partie, tandis que la deuxième, qui raconte le voyage des deux adolescents, est "plus imaginée et imaginaire, voire rêvée", tout en "restant  dans la réalité", a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP.
"Microbe et Gasoil" de Michel Gondry, la bande-annonce

Des personnages qui ont le goût de l'invention

Microbe, campé par le jeune Ange Dargent, est son double de fiction, tandis que Gasoil (Théophile Baquet), est la combinaison de plusieurs amis qu'il a eus à l'époque.
              
Ces personnages ont le goût pour l'invention et la fabrication artisanale du réalisateur d'"Eternal Sunshine of the Spotless Mind" ou "La Science des rêves", souvent décrit comme "cinéaste bricoleur", un qualificatif qui "l'agace un peu" car "il y a un côté par-dessus la jambe, pas fini, pas travaillé".
              
"Dans le film ils bricolent une voiture, mais le film n'est pas bricolé du tout", lance le cinéaste de 52 ans. "C'était assez précis."
 
Réalisateur touche-à-tout, venu de la musique et du clip vidéo et connu pour sa collaboration avec la chanteuse islandaise Bjork avant d'être passé au cinéma à la fin des années 1990, Michel Gondry dit "aimer fabriquer des choses".

Michel Gondry : "Enfant, j'inventais des systèmes"   

"C'est comme ça que j'ai grandi depuis tout enfant, j'inventais des systèmes, qui marchaient ou pas. Mais j'étais curieux par rapport à la nature, à la mécanique. J'ai gardé ça", poursuit celui qui a passé une grande partie de sa carrière cinématographique aux Etats-Unis.
              
"La voiture je l'avais imaginée, mais je ne l'ai jamais faite. Je me suis dit que le film pourrait servir à réaliser ces rêves !", souligne-t-il.
              
C'est Audrey Tautou, actrice dans "L'Ecume des jours" (2013), qui a donné à Michel Gondry l'idée de se lancer dans ce projet. Elle interprète la mère de Microbe dans le film.
              
Après avoir bouclé le vaste chantier de "L'Ecume des jours", le cinéaste  prévoyait de s'attaquer à un autre gros projet : une adaptation d'"Ubik", roman culte de science-fiction de Philip K. Dick. Mais Audrey Tautou "m'a suggéré de faire quelque chose de plus personnel et de plus intime, et je l'ai écoutée", explique Michel Gondry.

Un film porté par l'interprétation des deux jeunes acteurs     

Avec ce long métrage sensible et plein de douce fantaisie, qui met en avant les émotions adolescentes, porté par l'interprétation de ses deux jeunes acteurs et tourné avec une seule caméra, le cinéaste dit avoir eu "envie de quelque chose qui soit basé sur des personnages, avec une narration vraiment  linéaire, et une manière de filmer très simple".

"Je voulais vraiment m'appuyer sur les personnages et sur l'histoire", insiste le réalisateur, qui a choisi pour la musique du film le compositeur Jean-Claude Vannier, collaborateur de Serge Gainsbourg sur l'"Histoire de Melody Nelson".
 
"Ce n'est pas le premier petit film que je fais, mais il avait un côté plus nonchalant et plus intimiste que beaucoup d'autres. En tout cas il a été filmé de manière très posée, et j'ai beaucoup aimé ça", confie-t-il.