"Les Sept Samouraïs" : l'aventure épique de Kurosawa enfin en version restaurée

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/08/2013 à 15H12, publié le 31/07/2013 à 18H06
Photo du film "Les Sept Samouraïs" - Akira Kurosawa (1954) 

Photo du film "Les Sept Samouraïs" - Akira Kurosawa (1954) 

© Le Pacte

Akira Kurosawa, avec Kenji Mizoguchi, l'autre grand "sensei" du cinéma japonais, est considéré comme l'une des figures de proue du cinéma mondial. Il était donc plus que temps d'offrir une seconde jeunesse à l'un de ses plus grands films : "Les Sept Samouraïs. Grâce à la magie de la restauration, c'est désormais chose faite, le film étant projeté dans sa version intégrale dans 14 salles en France.

Entre "Plein Soleil" de René Clément, "Jour de fête" de Tati, "Feodora" de Wilder", "Hiroshima mon amour" de Resnais ou encore "La Baie des anges" de Demy, une trentaine de reprises sont prévues tout l'été dans les salles obscures. Parmi ces chefs d'oeuvres du 7e Art remis au goût du jour par des chirurgiens experts en images, "Les Sept Samouraïs", l'un des premiers grands films de Kurosawa (1954), tient une place toute particulière.

Quatre ans après le génial "Rashomon", le film, lion d'argent à la Mostra de Venise, confirme l'immense talent du cinéaste et connaît un succès public et critique sans précédent. Une oeuvre fleuve (3 h 26) en noir et blanc d'une beauté stupéfiante, préfigurant deux autres chefs d'oeuvres : "Kagemusha" et "Ran".

Reportage de B. Lopez, F. Benbekaï, O. Crouet, N. Thouny
Il était une fois ...
Si "Les Sept Samouraïs" ne dira rien à certains, tout le monde en connaît l'histoire. Au XVIIe siècle, dans un Japon médiéval ravagé par les guerres seigneuriales, un village de paysans subit les attaques récurrentes d'une bande de pillards. Ils font alors appel à sept samouraïs sans maître afin de défendre leur terre.  Cela ne vous évoque rien ? Quelques années plus tard, en 1960, John Sturges réalise un quasi "remake" américain au casting 7 étoiles réunissant entre autre Yul Brynner et  Steve McQueen. Encore aujourd'hui, "Les Sept mercenaires" se pose comme l'un des meilleurs westerns de tous les temps.  
"Les Sept mercenaires" : trailer
Une oeuvre mythique
Mais qu'en est-il de nos samouraïs ? Avec ce film, Kurosawa touche à des thèmes universels qui lui sont chers et qui ne cesseront d'alimenter ses films "guerriers" : la figure du ronin, le samouraï errant sans maître, le code de l'honneur japonais, et les rapports entre classes sociales. "Les Sept Samouraïs" doit sa grande vitalité, en dépit de quelques temps morts dus à une longueur excessive, à l'interprétation de ses comédiens, menés tambour battant par la star japonaise Toshiro Mifune, qui compte pas moins de 16 collaborations avec le réalisateur. Scènes de combats entre tension et réalisme, plans d'une beauté formelle à couper le souffle, aventure et grandeur d'âme, le film a su s'élever jusqu'au statut de mythe.
"Les Sept Samouraïs" : trailer
Influences
On ne saurait que trop dire toute l'influence qu'a eu le film sur la postérité. Clint Eastwood, Sergio Leone, John Woo, George Lucas, Martin Scorsese et bien sur Quentin Tarantino, LE spécialiste américain du cinéma japonais, lui doivent beaucoup. Au Japon, "Les Sept Samouraï" marque la renaissance du chambara, le film de sabre traditionnel, et explore en profondeur la figure du ronin, le samouraï sans maître (reprise jusque dans le dernier "Wolverine" !). Autres merveilles du genre fortement influencées par le film, on peut citer le sublime "Le sabre de la vengeance" de Kihachi Okamoto, "Goyokin" de Hideo Gosha et la série des "Baby Cart" de Kenji Misumi. 
"Baby Cart (le sabre de la vengeance) vol. 1 : Le loup à l'enfant" : trailer