"Les Figures de l'ombre", trois héroïnes de la Nasa retrouvent enfin la lumière

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/03/2017 à 10H56, publié le 04/03/2017 à 18H35
(de g. à dr.) Octavia Spencer (Dorothy Vaughan), Taraji P. Henson (Katherine Johnson) et Janelle Monáe (Mary Jackson) : les 3 héroïnes de la Nasa revivent grâce à Theodore Melfi 

(de g. à dr.) Octavia Spencer (Dorothy Vaughan), Taraji P. Henson (Katherine Johnson) et Janelle Monáe (Mary Jackson) : les 3 héroïnes de la Nasa revivent grâce à Theodore Melfi 

© Twentieth Century Fox

Au cinéma, mars sera plus que jamais le mois de la femme avec la sortie de plusieurs films qui mettent en avant des destins de femmes hors normes. Parmi eux, "Les Figures de l’ombre" (sortie le 8 mars) raconte l’histoire vraie de trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale avec la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.

La conquête spatiale américaine des années 60 a fait rêver, mais dans l’esprit du grand public, elle fut essentiellement portée et incarnée par des hommes, qui plus est pour la plupart blancs. Le cinéma et la caméra de Theodore Melfi viennent rappeler que bien des figures ont agi dans l’ombre pour que John Glenn (décédé le 8 décembre dernier à l’âge de 95 ans) devienne,  le 20 février 1962, le premier Américain à tourner autour de la Terre à bord du Friendship 7.

Le réalisateur, qui signe ici son 2e long-métrage (après "St Vincent" avec Bill Murray en 2014), retrace l’histoire vraie de Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan, respectivement ingénieure, mathématicienne et physicienne enrôlées par la Nasa pour dessiner les trajectoires de décollage et d'atterrissage du programme de mise en orbite spatiale. 
Les figures de l'ombre © 2016 Twentieth Century Fox
De beaux rôles de femmes portés par trois excellentes actrices : Taraji P. Henson (Katherine Johnson) que les fans de la série Person of interest connaissent bien, Octavia Spencer (Dorothy Vaughan) que l’on a découverte dans "La couleur des sentiments" aux côtés d’Emma Stone en 2011 ) et Janelle Monáe (Mary Jackson), à l'origine chanteuse et compositrice, et qui fait ici ses débuts au cinéma.

Reportage : E. Cornet / C. Destout

Reléguées dans l'ombre

Dans les années 60, pour ne pas rester à la traîne de la Russie en matière de conquête spatiale, la Nasa recrute des colored computers (littéralement ordinateurs de couleurs) : des scientifiques noires sont engagées via des petites annonces et des panneaux d’affichage. Mais cette ouverture ne veut pas dire pour autant qu’elles furent l’égal de leurs homologues masculins et blancs. Femmes donc nettement moins payées, elles seront aussi du fait de leur couleur de peau, reléguées dans une unité de calcul situé dans l’aile du bâtiment de la NASA.
Affiche "Les figures de l'ombre" © Copyright Twentieth Century Fox France

Inspiré d'un livre éponyme

Le film de Theodore Melfi s’inspire directement du travail de l’écrivain Margot Lee Shetterly qui a sorti en septembre dernier un livre intitulé "Hidden Figures" ("Figures de l'ombre"). L’auteure, dont le père travaillait au sein de de l'agence spatiale, a réalisé une série d’entretiens et de recherches d’archives pour raconter le destin extraordinaire mais totalement passé sous silence des ces femmes qui ont joué un rôle fondamental dans la conquête spatiale américaine mais surtout dans la conquête des droits civiques et féminins.

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