Joann Sfar adapte Sébastien Japrisot au cinéma

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/08/2015 à 15H01, publié le 31/07/2015 à 09H48
La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil 

La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil 

© Freya Mavor

Avec "La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", thriller adapté du livre de Sébastien Japrisot, le prolifique auteur de BD Joann Sfar passe pour la troisième fois derrière la caméra, avant la sortie fin août d'un nouvel album de sa série phare "Le chat du rabbin".

La note Culturebox

4
4/5
"La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", en salles mercredi, raconte l'histoire de Dany, une secrétaire rousse et myope aux longues jambes, jouée par l'actrice écossaise Freya Mavor (de la série "Skins"). Sur un coup de tête, elle décide de prendre la voiture de son patron  (Benjamin Biolay) pour aller vers le Sud voir la mer. Mais les mésaventures vont s'enchaîner.
C'est après avoir reçu le scénario que Joann Sfar a décidé de s'attaquer au livre de Sébastien Japrisot, écrit en 1966 et réputé inadaptable, bien que déjà porté à l'écran en 1970 par le réalisateur américain Anatole Litvak. "C'est la première fois que je travaille sur un scénario qui n'est pas de  moi", a raconté Joann Sfar, 43 ans, déjà auteur de "Gainsbourg, vie héroïque", César du meilleur premier film en 2011, et du "Chat du rabbin", adapté de sa BD, César du meilleur film d'animation en 2012.
"Le chat du rabbin" a connu un succès tel qu'il a été adapté au cinéma en 2011.

"Le chat du rabbin" a connu un succès tel qu'il a été adapté au cinéma en 2011.

© Sfar - Dargaud 2003
"A cause de Gainsbourg peut-être, on me propose toujours des films musicaux ou sur les chanteurs. C'est bon, je l'ai déjà fait. Là on m'a proposé  un thriller, donc ça m'a intéressé", ajoute l'artiste. Même s'il avoue s'être "rendu compte avec effroi (qu'il) ne comprenait pas tout" à l'histoire, il dit avoir éprouvé une "fascination" à la lecture du roman de Sébastien Japrisot, auteur de "L'Été meurtrier" et d'"Un long dimanche de fiançailles".

Inspiré par la Nouvelle Vague mais aussi par le cinéma populaire de René Clément ou Georges Lautner, le western ou encore les polars coréens, marqué par Isabelle Adjani dans "L'Eté meurtrier" et Marlène Jobert dans "Le Passager de la pluie", Joann Sfar bâtit un film ovni, pop et psychédélique, construit autour de son héroïne.  "J'ai voulu fabriquer un cauchemar délicieux", qui "tourne autour du thème du double, de la noirceur, des femmes maltraitées ou anxieuses" dit-il, revendiquant une "logique de rêve", une forme d'"étrangeté", de "décalage". "Je préfère toujours être ambitieux et bizarre plutôt que de ne pas oser", explique le cinéaste, qui a travaillé avec "de très grosses optiques de Cinémascope, qui donnent une image très particulière".

Auteur d'une oeuvre foisonnante, "gourmand" comme il se définit lui-même


Le dessinateur et scénariste de BD, romancier et cinéaste sortira le 28 août le sixième album de sa série de BD "Le Chat du rabbin", qui raconte l'histoire d'un félin espiègle doué de parole dans l'Alger du début du  XXe siècle. Le précédent volume était sorti en 2006.

Ce nouvel opus, intitulé "Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi", "parle de la maternité", dit l'auteur. Il en a aussi "commencé un autre" qui "aborde la  religion". "Avec toute l'actualité religieuse, le rabbin a des trucs à dire", lance Joann Sfar, issu d'une famille juive moitié séfarade, moitié ashkénaze. Celui qui a signé plus de cent bandes dessinées, dont "Petit Vampire", "Donjon" ou "Pascin", sortira aussi le 16 septembre un nouveau tome de ses Carnets autobiographiques, "Je t'aime ma chatte", récit de huit jours en Italie avec une fille. "Tout ce que je vis donne des dessins". Le précédent volume de ses Carnet, "Si Dieu existe", avait été publié au lendemain des attentats du 7 janvier, un sujet sur lequel "on n'a pas fini de réfléchir", estime-t-il.