"Jane got a gun" : Natalie Portman dans un fade western féminin

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/01/2016 à 15H55, publié le 26/01/2016 à 15H44
Natalie Portman dans "Jane got a gun"

Natalie Portman dans "Jane got a gun"

© Mars Distribution

Avec "Jane got a gun", Gavin O'Connor nous livre un western contant l'histoire d'une mère courage prête à tout pour sauver son ranch et sa famille. Classique et prévisible.

La note Culturebox

3
3/5
Tout avait si mal commencé. Au premier jour de tournage Lynne Ramsay, la réalisatrice, abandonne le projet. Le casting va changer, le budget aussi. Le tournage sera décalé. Mais Natalie Portman, elle, restera. Et malheureusement, il faut bien reconnaître que tout ça se fait un peu sentir.

Absence totale de prise de risque

Car si "Jane got a gun" s'impose comme un western plutôt bien mené, il souffre également d'une absence totale de prise de risque, du côté d'un scénario à la lisière du prévisible, et de la mise en scène qui ne surprend jamais véritablement.
 
Gavin O'Connor, a remplacé au pied levé Ramsay, accompagné de son scénariste, Anthony Tambakis, chargé de remanier le scénario d'origine de Brian Duffel. La seconde collaboration des deux hommes après le très réussi "Warrior", l'histoire de deux frères boxeurs blessés par la vie qui vont décider de régler leur problème d'égo en remontant sur le ring, avec Tom Hardy et déjà Joel Edgerton.
Joel Edgerton dans "Jane got a gun"

Joel Edgerton dans "Jane got a gun"

© Mars Distribution
 
La teneur du récit souffre d'un grand classicisme. Bien loin du ton "punk-rock" que voulait lui donner la précédente équipe.
 
"Jane got a gun", ne parle que de Jane. De cette femme qui essaie de comprendre pourquoi elle en est arrivée là et qui tentera de reprendre sa vie en main. Un film sur l'amour. La rédemption. Sur le poids du passé. Sur deux êtres qui se retrouvent. Et une volonté manifeste et un peu artificielle de plaquer tous les codes du western sur ce destin de femme.

Linéaire 

Le film retrace l'histoire d'une jeune mère de famille découvrant la force qu'elle a en elle et qui comprendra qu'elle n'a pas besoin de se reposer sur les hommes pour survivre. Encore que.
 
L'Amérique à l'époque de la ruée vers l'or. Un monde crépusculaire sans foi ni loi. Jane (Natalie Portman) est mariée à Bill, un bandit poursuivi par son propre clan depuis qu'il s'est retourné contre lui. Un homme qui rentre chez lui agonisant avec huit balles dans le dos. Après l'avoir soigné du mieux qu'elle pouvait, elle n'aura d'autre choix que de sortir les armes pour protéger sa famille et son ranch des terribles frères Bishop, des excités de la gâchette qui font régner la terreur sur leur ville poussiéreuse.
Natalie Portman, "Jane got a gun"

Natalie Portman, "Jane got a gun"

© Mars Distribution
Mais bien consciente de la difficulté à surmonter ce défi en solitaire, Jane décidera de faire appel aux services de Dan Frost (Joel Edgerton), son ancien amant, dont la haine envers Bill n'a d'égal que son amour pour Jane. Leurs sentiments passés ne vont pas tarder à refaire surface. 
 
Aucune trouvaille et un rythme trop linéaire. Notre frêle héroïne apparaît bien proprette et esseulée dans ce Wild West. Une reconstitution appliquée, esthétique mais bien peu réaliste pour un film somme toute plutôt modeste et très éloigné des meilleures œuvres du neo-western.

 

LA FICHE

Western de Gavin O'Connor - Avec Natalie Portman, Joel Edgerton et Ewan McGregor - Durée : 1h38. Sortie le 27 janvier 2016

Synopsis : Jane Hammond est une femme au caractère bien trempé mariée à Bill, l’un des pires bandits de la ville. Lorsque celui-ci se retourne contre son propre clan, les terribles frères Bishop, et qu’il rentre agonisant avec huit balles dans le dos, Jane sait qu’il est maintenant temps pour elle de troquer la robe contre le pantalon et de ressortir son propre pistolet. Le meilleur espoir de Jane n’est autre que son ancien amour Dan Frost