INTERVIEW. Muriel Robin dans "Les Malheurs de Sophie" : "J'ai de la compassion pour les personnes méchantes"

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/04/2016 à 18H33, publié le 19/04/2016 à 18H16
Muriel Robin, invitée de France 2 pour son nouveau film "Les Malheurs de Sophie"

Muriel Robin, invitée de France 2 pour son nouveau film "Les Malheurs de Sophie"

© France2/Culturebox

Le 20 avril 2016 sort le nouveau film de Christophe Honoré, "Les Malheurs de Sophie", reprenant la célèbre histoire de la Comtesse de Ségur. Muriel Robin y campe le personnage de la méchante belle-mère, Madame Fichini. De passage sur le plateau de France 2, elle en profite pour parler de ses projets et pour partager ses coups de cœur et l'amour qu'elle porte à son public.

L'argument : 

Depuis son château, la petite Sophie ne peut résister à la tentation de l'interdit et ce qu'elle aime par dessus tout, c'est faire des bêtises avec son cousin Paul. Lorsque ses parents décident de rejoindre l'Amérique, Sophie est enchantée. Un an plus tard, elle est de retour en France avec son horrible belle-mère, Madame Fichini. Mais Sophie va pouvoir compter sur l'aide de ses deux amies, les petites filles modèles, et de leur mère, Madame de Fleurville pour se sauver des griffes de cette femme.

L'interview de Muriel Robin :

D'abord surprise, c'est avec joie que Muriel Robin a accepté de jouer le rôle de Madame Fichini, que lui a confié le réalisateur Christophe Honoré ("Non ma fille, tu n'iras pas danser" ou "La Belle Personne" avec Louis Garrel et Léa Seydoux) : "Il vient du cinéma d'auteur. Je ne fais pas partie de cette famille et ce n'est pas fréquent que les deux mondes se croisent", explique-t-elle. 

Reportage :N. Hayter / B. Bonte / H. Cardon / C. Apiou

Dans le rôle de la belle-mère, Muriel Robin était très à l'aise. Mesquine et drôle, le public est invité à rire de la grossiereté du personnage : "D'un autre côté, j'ai envie de la défendre car j'ai connu la dureté des gens. Ma mère était comme ça. Elle ne nous frappait pas, bien sûr, mais je me suis toujours dit qu'il y avait quelque chose derrière tout ça. Les personnes dures m'attirent et c'est assez étrange de dire cela", confie l'actrice.  

Très difficile en revanche, d'être vilaine face à sa partenaire, la petite Caroline Grant, cinq ans à peine : "Je me suis régalée avec elle, c'est la première gifle qui est difficile après, ça vient tout seul", s'amuse la comédienne, "Je plaisante, dès que la caméra arrêtait de tourner, je me précipitais pour la câliner. On croit à ses gestes, puisqu'on ne peut pas les imiter et faire semblant avec les enfants. Ce sont toujours de véritables gifles", poursuit-elle. 

Plus proche de son public

Lauréate du Conservatoire dramatique de Paris, Muriel Robin n'a pourtant reçu jusqu'à présent, qu'une vingtaine de scénarios depuis le début de sa carrière : "Je suis souvent déçue à vrai dire. Ce sont souvent des rôles insultants comme une lesbienne très caricaturale, camionneuse, qui parle avec un langage vulgaire. Je sais que je m'exprime de manière familière mais enfin... c'était vraiment une autre planète !", confie-t-elle, "Le positif dans tout cela, c'est que ce n'est pas fini. Muriel Robin exhorte le public à continuer de l'aimer car elle, continue d'aimer le public. "Etre populaire est une chance. Je sais faire la distinction entre ma relation aux spectateurs et celle que j'entretiens avec les personnes du métier".

Le mois prochain, Muriel Robin revient sur scène aux côtés de François Berléand et reprend "Momo" pour 40 représentations exceptionnelles au Théâtre de Paris.