"Et ta sœur" : fade mise au vert pour Géraldine Nakache et Virginie Efira

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/01/2016 à 01H37, publié le 12/01/2016 à 16H23
Géraldine Nakache, Virginie Efira et Grégoire Ludig dans "Et ta soeur"

Géraldine Nakache, Virginie Efira et Grégoire Ludig dans "Et ta soeur"

© Le Pacte

Avec "Et ta sœur", Marion Vernoux nous livre une comédie sentimentale adaptée d'un film de Lynn Shelton. Insipide et sans surprise.

La note Culturebox

2
2/5
Mais qu'est-ce que les cinéastes français trouvent-ils donc à Lynn Shelton ? "Humday", l'histoire de deux potes hétéros qui décident de coucher ensemble pour un festival de porno gay avait été adapté en 2012 par un Yvan Attal pas très inspiré sous le titre "Do not disturb". "Et ta sœur", le dernier long métrage de Marion Vernoux, est aussi un remake d'un autre film de la réalisatrice indépendante américaine, "Mon meilleur ami, ma sœur et moi", sorti en 2011.
 
Et on se demande ce qui a bien pu pousser la cinéaste française à adapter cette comédie romantique américaine déjà pas franchement flamboyante. Surtout quand le petit côté fantasque et attachant des réalisations de Lynn Shelton est sacrifié sur l'hôtel du comique lourdaud de situation qu'incarne à lui seul Grégoire Ludig, le comique du Palmashow qu'on avait connu plus drôle.
Grégoire Ludig dans "Et ta sœur"

Grégoire Ludig dans "Et ta sœur"

© Le Pacte

Insipide

Il campe le rôle d'un trentenaire un peu paumé (Pierrick), encore sous le coup de la disparition brutale de son grand frère survenue un an plus tôt. Alors qu'il traîne sa mélancolie de bar en bar, sa meilleure amie, Tessa (Géraldine Nakache), lui propose d'aller se ressourcer dans sa maison familiale sur une île bretonne.
 
Là-bas, il découvre que les lieux sont déjà occupés par Marie (Virginie Efira), la jolie et décomplexée demi-sœur lesbienne de Tessa, venue y soigner un chagrin amoureux. Après une soirée arrosée, suivie de l'arrivée inopinée d'une Tessa qui aime en secret Pierrick, rien ne se passera comme prévu. En tout cas pour les seuls protagonistes, tant aucune des situations révélées par un scénario bien insipide ne nous surprend.
Virginie Efira et Géraldine Nakache dans "Et ta soeur"

Virginie Efira et Géraldine Nakache dans "Et ta soeur"

© Le Pacte
Et c'est là, dans ce huis clos, que les liens entre les personnages vont se créer, se recréer sans véritablement nous intéresser. Surtout dans les premiers temps du film, avec un face à face Efira-Ludig autour d'une bouteille de vodka qui manque cruellement de piquant. Sans trouvaille, ni surprise.

Pitreries

Un constat qui perdurera tout au long du film. Se perdant dans cette sorte de vaudeville pour trentenaire en mal-être, la réalisatrice ne compte que sur les pitreries d'un Grégoire Ludig qui n'en loupe pas une, pour nous arracher un sourire. De la tentative de "selfie sur ferry" avec son portable qui finira à la l'eau, à la fenêtre qu'il prend pour une porte, en passant par ses innombrables cognements tantôt aux meubles de la cuisine, tantôt au matelas de son lit superposé.
 
Les acteurs, avec leurs faiblesses, leurs blessures, parviennent malgré tout, vers la fin et à la faveur de dialogues qui fonctionnent un peu mieux, à se révéler touchant. Mais ça ne suffit pas à sauver cette petite comédie sans saveur.
Comédie dramatique de Marion Vernoux - Avec Virgine Éfira, Géraldine Nakache et Grégoire Ludig - Durée : 1h35. Sortie le 12 janvier 2016.