"Elektro Mathematrix" : Blanca Li réalise sa première comédie musicale urbaine dans un lycée parisien

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/08/2016 à 12H35, publié le 21/08/2016 à 12H33
"Elektro Mathematrix" de Blanca Li  © Bodega Films

La chorégraphe espagnole, installée en France depuis plus de vingt ans, a tiré un film de son spectacle « Electro Kif ». Cette comédie musicale déjantée retrace avec humour la journée de classe d’un groupe de lycéens parisiens.

La note Culturebox

3
3/5
Dès le début, le ton est donné. Les portes du lycée s’ouvrent. Des jeunes arrivent, se saluent, s’installent dans leur classe sans aucun dialogue. On comprend vite que le langage du film sera fait de musique, de sons et surtout, de danse. Pour Blanca Li, « un langage universel sans frontières ni limites dans la forme ou le style ». Fan de Charlie Chaplin, de Buster Keaton et de Jacques Tati, elle a choisi de faire un film sans paroles pour que toute l’expression passe par les corps, les gestes et les regards.

Electro Kif

Formée à la danse contemporaine dans l’école de Martha Graham, la chorégraphe andalouse a découvert l’électro il y a quelques années en observant un groupe de jeunes danseurs dans un parc. En 2010, elle en a fait un spectacle : « Elektro kif ». Le succès de la tournée fut tel qu’elle a eu envie de l’adapter au cinéma.

« Elektro Mathematrix » a été tourné au lycée régional des métiers Raspail, à Paris, pendant les vacances de Pâques. Là où son mari, Etienne Li, est professeur de maths. Il joue d’ailleurs son propre rôle dans le film. La chorégraphe utilise l’architecture toute en lignes du bâtiment pour multiplier les décors.

Le film raconte la journée ordinaire d’une dizaine de lycéens, de toutes origines, au look très étudié. Du cours de math à la récréation, en passant par la cantine, chaque moment de la journée donne lieu à des chorégraphies survoltées ou plus lentes, entre mime, danse électro et danse contemporaine.

Le bal des tricheurs

Il y a des scènes très drôles comme le bal des tricheurs qui rivalisent d’ingéniosité pour sortir leurs antisèches pendant une interro écrite. Une scène touchante quand deux hommes renouent le dialogue et règlent leurs conflits par la danse. Et une spectaculaire séquence de « battle » où deux groupes de danseurs s’affrontent à coups de chorégraphies virtuoses.

Le travail sur les bras est particulièrement remarquable. Ils se tordent, se distordent, sans jamais s’arrêter, tour à tour saccadés ou langoureux. On leur imagine une vie propre, indépendante du reste du corps.
"Elektro Mathematrix" de Blanca Li. © Bodega Films

Toujours en mouvement, la caméra filme au plus près des danseurs dont on perçoit le souffle. Ce son très organique signé Antoine Corbin est un élément essentiel de l’histoire. Pour la musique, Blanca Li a fait appel à Tao Gutierrez qui a travaillé sur tous ses spectacles. Il a fait du sur mesure à partir de sons naturels qu’elle lui avait donnés, par exemple des coups de marteaux.

Malgré quelques longueurs, on sort de ce film ragaillardi, conquis par l’énergie et la joie communicative de ces jeunes qui dansent comme ils respirent.

la fiche

"ELEKTRO MATHEMATRIX" un film de Blanca Li - durée1h25 - Sortie le 24/8/16
Avec Khaled Abdulahi, Arnaud Bacharach, Mamadou Bathily, Roger Bepet - Musique de Tao Gutierrez
Synopsis : Elektro Mathematrix est une comédie musicale urbaine qui parle de la danse et de l'amour de la danse. Drôle, sensible et sans aucun dialogue, ce film propose une vision positive de la vie quotidienne dans un lycée et de la vie de danseurs électro.