Avec "Ils sont partout", Yvan Attal veut "démonter" les clichés antisémites

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/06/2016 à 18H23, publié le 29/05/2016 à 19H12
"Ils sont partout", de et avec Yvan Attal

"Ils sont partout", de et avec Yvan Attal

© Wild Bunch Distribution

Sur les écrans le 1er juin, « Ils sont partout », le nouveau film de et avec Yvan Attal, fait déjà parler de lui. Le réalisateur-comédien s’attaque aux clichés antisémites avec une comédie à sketchs qui évoque avec humour un sujet grave, voire explosif. Le tout servi par un casting en or qui réunit entre autre Charlotte Gainsbourg, Dany Boon, Valérie Bonneton et Gilles Lelouche.

Cela fait une bonne dizaine d’années qu’Yvan Attal portait en lui ce film autour de l’antisémitisme. Mais emporté par d’autres projets, il n’a pas pu le mettre en œuvre. Malgré tout, son malaise face à la montée de paroles et d’actes contre les Juifs l’ont convaincu de s’atteler à ce thème : "Il était temps, à cinquante ans, de faire un film pour parler de quelque chose qui me tenait réellement à coeur !" explique le réalisateur.

Pour "démonter" les clichés antisémites,il a opté pour un film à sketchs où il fait figure de fil rouge. Yvan Attal incarne Yvan, un homme qui se sent persécuté par l’antisémitisme grandissant mais que ses proches accusent de paranoïa. Il se rend chez le psy pour en parler et ce sont ces séances qui viennent s’intercaler entre chaque sketch.

Reportage : Marie-Héléne Bonnot et Valérie Castel

Mais parler de l’antisémétisme, c’est comme se mettre à califourchon sur une énorme bombe prête à exploser. En  témoignent les commentaires qui ont circulé sur les réseaux sociaux après le passage du réalisateur dans l’émission de Laurent Ruquier "On n’est pas couché", comme cet internaute qui parle de "pisse communautariste". L’écrivaine et scénariste Emilie Frèche avec qui Yvan Attal a écrit le scénario a réagi : "Le déferlement de haine sur Twitter me rappelle pourquoi j’ai écrit ce film avec lui". 

Reportage : M. Berrurier / M.-H. Bonnot /M. Mullender

"Si, demain, il n’y a plus d’antisémitisme, il n’y aura plus besoin de se dire juif"

Si le sujet parait "touchy", explosif, comme le disait Léa Salamé dans ONPC, cela n'a pas découragé pour autant Yvan Attal. Dans une interview accordée au magazine Psychologies, voilà ce qu'il disait : "Je suis convaincu que si, demain, il n’y a plus d’antisémitisme, il n’y aura plus besoin de se dire Juif. Seulement, on vit dans le pays où les actes antisémites s’accumulent. Vous, quand on vous attaque en tant que femme, vous vous défendez en tant que femme ? C’est pareil : Ilan Halimi a été torturé parce qu’il était juif, les enfants de l’école de Toulouse ont été tués parce qu’ils étaient juifs. Comment voulez-vous que je ne m’identifie pas à eux, en tant que Juif ? Quand j’ai joué au théâtre, j’ai reçu des lettres antisémites. Donc, qu’est-ce que je fais ? Je me défends en tant que Juif, forcément !".

Yvan Attal sur le tournage de "Ils sont partout" avec Charlotte Gainsbourg et Dany Boon

Yvan Attal sur le tournage de "Ils sont partout" avec Charlotte Gainsbourg et Dany Boon

© La Petite Reine - David Koskas

Comédien, réalisateur, scénariste

Yvan Attal est né à Tel-Aviv en janvier 1965. Deux ans après sa naissance, ses parents, d'origine algérienne, décident de quitter Israël  pour s'intaller à Créteil où Yvan, fils unique, passera une enfance "sans heurts". A 19 ans, il s’inscrit au cours Florent. Sa carrière démarre très vite avec Eric Rochant qui lui  lui propose de jouer dans "Un monde sans pitié" (1989) lui permettant de décrocher le César du Meilleur espoir masculin. Les rôles s'enchaineront avec une diversité rare, Attal pouvant jouer tout à tour les salauds, les amoureux transis, les séducteurs ou les victimes.  En 2001, il prend la caméra et signe son premier long-métrage pour se filmer avec sa compagne Charlotte Gainsbourg et leur fils Ben dans "Ma femme est une actrice". Côté réalisation,, il signe avec "Ils sont partout" son 7e long-métrage. Peut-être le plus personnel. Certainement le plus engagé.