Avec "Chocolat", Omar Sy cherche à élargir son répertoire

Par @Culturebox
Publié le 29/01/2016 à 18H57
Omar Sy incarne Rafael Padilla, alias le clown Chocola,  dans "Chocolat" de Roschdy Zem.

Omar Sy incarne Rafael Padilla, alias le clown Chocola,  dans "Chocolat" de Roschdy Zem.

© Julian Torres / Mandarin Cinéma - Gaumont

Dans "Chocolat" de Roschdy Zem, Omar Sy incarne un clown qui a vraiment existé à la Belle époque. Mais ce n'est pas un rôle comique. Ce rôle ambitieux lui donne même l'occasion de "sortir de l'étiquette" de comique "qu'on lui colle" encore en France.

Le destin de Chocolat le touche

Le film raconte le destin oublié de Rafael Padilla alias Chocolat, ancien esclave affranchi arrivé de Cuba, qui a connu un énorme succès dans le Paris de la Belle Epoque. Il a formé avec le clown Footit (James Thierrée) le premier duo composé d'un Auguste et d'un clown blanc, avant de retomber dans l'anonymat.

"Raconter l'histoire de cet homme dont je n'avais jamais entendu parler, et qui pourtant a eu un destin incroyable, c'est assez fort et ça méritait d'être fait", raconte Omar Sy, premier acteur noir à avoir remporté le César du meilleur acteur en 2012 pour"Intouchables", film qui l'a rendu célèbre mondialement.

"Il y a pas mal de choses qui me touchent et qui résonnent en moi, tout ce qui concerne la discrimination, l'exclusion, le rapport à l'autre, qui est encore un problème aujourd'hui", ajoute le comédien de 38 ans, pour qui la polémique sur l'absence d'acteurs noirs aux Oscars représente "un élan dans le bon sens, dans l'envie de rééquilibrer les choses", un "peu comme ce film".

Fils d'immigrés ouest-africains élevé dans la banlieue populaire de Trappes (Yvelines), Omar Sy, qui s'est fait connaître par son duo comique avec Fred Testot à la télévision, dit aussi avoir été attiré par "tout ce que Footit et Chocolat ont été créativement, pour le clown et pour le comique en général".

Un défi travaillé avec James Thierrée

L'acteur, qui a répété pendant quatre semaines avec son partenaire James Thierrée - homme de cirque, acrobate et auteur de spectacles, petit-fils de Charlie Chaplin, chargé de recréer les numéros de Footit et Chocolat -, a appris pour ce rôle le jeu clownesque, un défi "attirant" dit-il.

"Cela m'a obligé à aller chercher quelque chose qui se passe dans le corps, d'un peu moins verbal", explique le comédien, deuxième personnalité préférée des Français. "Il y avait des choses à acquérir, toute cette technique, le rythme, les gestes précis des clowns", poursuit Omar Sy, qui se dit "content" d'avoir "abandonné ses vieux réflexes et sa routine" pour "prendre le risque d'aller ailleurs".

"J'essaie de proposer d'autres choses"

Si Chocolat est drôle dans ses numéros, le destin tragique de cet amuseur qui se rêve en comédien shakespearien, victime du racisme de son époque, entraîne aussi Omar Sy dans une dimension de jeu beaucoup plus grave.

Loin des nombreuses comédies dans lesquelles il a joué, de "La Tour Montparnasse infernale" aux "Tuche", en passant par "Le Boulet" ou "La Beuze", ce film d'époque est "une tentative" d'évolution, reconnaît l'acteur au sourire rayonnant.

"C'est une tentative que je fais à chaque film finalement. J'essaie de proposer d'autres choses", ajoute le comédien, parti de l'humour pour aller peu à peu vers des rôles différents. "Je suis très curieux de voir la réaction du public, de voir s'ils vont être surpris ou pas, s'ils vont apprécier", souligne Omar Sy.

"Le film parle de ça, d'un artiste qui essaie autre chose, de sortir de l'étiquette qu'on lui colle. Rafael Padilla, ça l'a mené à sa perte. On va voir où ça me mène!", plaisante-t-il.

Ca roule aussi pour lui à Hollywood

Après le succès d'"Intouchables", qui "a changé sa vie" dit-il, Omar Sy a aussi entamé une carrière à Hollywood avec des rôles dans les blockbusters "X-Men" et "Jurassic World" ou dans "A Vif" aux côtés de Bradley Cooper.

"J'ai la chance d'avoir un grand choix. Et dans ce choix là, il y a des films faits aux Etats-Unis", résume l'acteur, qui dit "être ouvert à toute proposition", à partir du moment "où ça l'anime et où il y a une forme d'excitation". "Je ne me dis pas qu'il faudrait aller dans tel ou tel style", poursuit-il. "Je n'ai pas d'envie précise ni même de plan, je n'en ai jamais eu."