"Adama", un film d'animation en hommage aux combattants africains

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/10/2015 à 12H49, publié le 21/10/2015 à 12H14
Adama, le jeune héros du film 

Adama, le jeune héros du film 

© Naia Productions

Le film d'animation "Adama" de Simon Rouby sort aujourd'hui sur les écrans. Situé en 1916, il raconte l'histoire d'un petit Africain qui quitte son village pour retrouver son frère, parti combattre au sein de l'armée française sur le front de Verdun. Un conte initiatique qui aborde un sujet ignoré par le cinéma : l'engagement des soldats africains durant la première guerre mondiale.

A Bondy, en région parisienne, une équipe de France 3 a assisté à une projection du film avec d'anciens tirailleurs sénégalais qui ont combattu aux côtés de la France en Indochine et en Algérie. "Je suis très heureux et honoré que vous ayez pu voir ce film" leur a confié Julien Lilti, le scénariste d'"Adama". 

Reportage : Frédérique Maillard-Laudisa et Yvon Bodin 

"Je pense que la plupart des Français ignorent cette histoire. C’était aussi une envie de parler de ces gens, non pas comme des victimes, mais comme des héros qui nous ont aidé, qui ont combattu à nos côtés et à qui on doit la reconnaissance" a déclaré Julien Lilti à l’issue de la projection d’"Adama" avec les anciens soldats africains.

Un chapitre oublié de l’histoire

Leur engagement fait en effet partie des chapitres oubliés des livres d’histoire. Le cinéma l’a également très peu évoqué, à l’exception d'"Indigènes" (2006), le film de Rachid Bouchareb qui dressait le portrait de quatre engagés nord-africains décidés à libérer la France occupée durant la seconde guerre mondiale. A l’époque, il avait suscité une grande émotion et conduit le gouvernement à revaloriser les pensions des anciens combattants coloniaux qui avaient servi notre pays durant les conflits mondiaux.
"Adama", lui, est le premier film à explorer l'engagement des tirailleurs sénégalais au cours de la Grande guerre. 

"Adama" s'inspire d'une histoire vraie : celle d'Abdoulaye N'Diaye, le dernier survivant décoré de la "Force Noire", le contingent de tirailleurs sénégalais envoyé par la France sur les champs de bataille. C'est le premier long-métrage du réalisateur lyonnais Simon Rouby dont l'univers est influencé par le graffiti, la peinture et la sculpture.

Une technologie de pointe

Sa technique de travail a été très particulière : les visages des personnages ont d’abord été sculptés dans l’argile, avant d’être scannés et travaillés sur ordinateur ou grâce au Cyberdôme, un outil novateur qui permet de capturer en 3D et en temps réel les mouvements des acteurs. Tout a été entièrement réalisé sur l'île de la Réunion, dans les studios Pipangaï. Le film a nécessité plus de deux ans de conception. 

Oxmo Puccino au casting

La musique, quant à elle, a été confiée au compositeur tourangeau Pablo Pico. Il a profité de la présence du rappeur Oxmo Puccino, qui prête sa voix à l'un des personnages du film, pour composer le titre phare de la bande originale "Au-delà des falaises".
"Adama" de Simon Rouby 
En salles le 21 octobre 2015