Sarkozy favorable l'extension de la loi Hadopi aux sites de streaming

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 18/11/2011 à 19H31
Manifestant contre le projet de loi Hadopi en 2009 à Paris

Manifestant contre le projet de loi Hadopi en 2009 à Paris

© Boris Horvat/ AFP

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi à Avignon que la législation contre le piratage de films et de musique sur internet pourrait être étendue aux sites de "streaming", dont certains permettent le téléchargement illégal d’œuvres.

"Je pense que les sites de streaming illégal font des ravages et j'entends  qu'on les combatte parce que je n'accepte pas qu'on tire un profit commercial  du vol des oeuvres", a-t-il déclaré vendredi au terme d'une réunion des  ministres de la Culture de pays du G8 et du G20 consacrée à la création culturelle à l'ère numérique.

Le chef de l'Etat a également lancé que "sur les sites de streaming,  l'idéologie du partage, excusez-moi, c'est l'idéologie de l'argent, je vole  d'un coté, je vends de l'autre. Si la technologie nous permet une nouvelle évolution, eh bien on adaptera la législation".

Créée pour enrayer le phénomène du téléchargement illégal, la loi Hadopi vise  les réseaux peer-to-peer (P2P) mais laisse de côté plusieurs autres moyens  d'échange de plus en plus prisés des internautes qui passent ainsi entre les mailles du filet.

Parmi les bénéficiaires de l'effet Hadopi figurent les sites de  téléchargement direct. Ils permettent de récupérer un film, une musique ou un  jeu sur un serveur le plus souvent situé à l'étranger, rendant d'autant plus  difficile l'obtention de l'adresse IP du "pirate".

Réactions au PS

La députée PS Aurélie Filippetti, chargée  de la culture auprès de François Hollande, a dénoncé vendredi la politique  culturelle de Nicolas Sarkozy et estimé qu'une nouvelle législation contre le piratage sur internet, évoquée par le chef de l'Etat, marquait "l'échec"  d'Hadopi.

Le chef de l'Etat "prétend avoir réglé les questions liées au droit  d'auteur à l'ère numérique alors même qu'il annonce déjà une 3e version de la  loi Hadopi, ce qui est la reconnaissance implicite de l'échec de la  précédente", relève dans un communiqué la députée de Moselle.

Selon elle, "tout le bilan de Nicolas Sarkozy en la matière aura été de  vouloir creuser un fossé entre les artistes et la jeunesse de ce pays, entre  les créateurs et leur public et de criminaliser la jeunesse quand elle a soif  de culture, sans améliorer d'un iota la rémunération des créateurs ni l'éducation artistique".