Sale temps pour les cinémas indépendants des Champs-Elysées

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 20/12/2011 à 13H35
Les salles du cinéma Le Balzac, sur les Champs Elysées resteront vides pendant les congés

Les salles du cinéma Le Balzac, sur les Champs Elysées resteront vides pendant les congés

© Archives du 7eme Art / AFP

Le Balzac puis le Lincoln: deux des salles de cinéma historiques des Champs-Élysées à Paris ferment temporairement leurs portes pour Noël faute d'accès aux films les plus en vue. Une semaine de fermeture pour alerter public et professionnels sur les difficultés qu'ils rencontrent.

Inauguré en 1971, Le Lincoln a annoncé lundi sa fermeture "du 21 au 27  décembre" en expliquant "connaître aujourd'hui une période très difficile faute  de pouvoir s'alimenter en films".

Il y a peu, le "Balzac" son voisin, installé sur "la plus belle avenue du  monde" dès 1931, annonçait une décision similaire.

Dans les deux cas, les responsables de ces salles expliquent qu'ils n'ont pu obtenir le film du Finlandais Aki Kaurismäki, "Le Havre", qui vient d'obtenir le Prix Louis-Delluc du meilleur film de l'année (sortie mercredi)

Les deux cinémas accusent une fréquentation en baisse de 10% pour le Balzac  par rapport à 2010, et de "13 à 14% en 2011" pour le Lincoln, a indiqué à l'AFP son programmateur Xavier Blom.

"Le nombre d'entrées avait déjà baissé en 2010 de 10% par rapport à 2009 :  encore une année comme ça et on ferme", prévient M. Blom.

Les cinémas d'Art et Essai représentent un millier de salles en France et celles de province sont tout aussi menacées, confrontées à la concurrence des multiplexes et des circuits (Gaumont, UGC...) qui exercent une "pression constante sur les distributeurs de films".

Elargir la programmation à des films plus populaires

"Le rôle des salles indépendantes Art et Essai est de soutenir les premières oeuvres, mais nous sommes de moins en moins en état de le faire: si on n'a pas accès de temps à autre à des films plus larges, qui ont souvent commencé dans nos cinémas, on est condamné", estime M. Blom.

La situation est d'autant plus tendue avec 14 à 18 nouveaux films à l'affiche chaque semaine, dont beaucoup de petits films qui n'ont pas le temps de s'installer : "cet encombrement gomme la visibilité des films", relève-t-il.

Le Lincoln gardera un unique écran ouvert pendant cette période de jachère afin de respecter ses engagements envers la jeune réalisatrice de "Ne nous soumets pas à la tentation", Cheyenne Carron, dont le film sort mercredi.