Romy Schneider 30 ans après

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 27/05/2012 à 15H28
Romy Schneider en 1979 dans "Clair de femme" de Costa Gavras

Romy Schneider en 1979 dans "Clair de femme" de Costa Gavras

© Nana Productions / SIPA

Trente ans après, le mythe reste intact : on célébrera mardi, le 29 mai, l’anniversaire de la mort de Romy Schneider, qui est adulée dans ses trois pays. L’Autriche, le pays de son père, où elle est née, l’Allemagne, où elle a grandi et et la France, le pays où elle a choisi de vivre sa vie d’adulte. Lundi 28 mai, France 2 lui rend hommage dans l'émission UN JOUR, UN DESTIN de Laurent Delahousse, à 23h10. Un portrait réalisé par Sarah Briand.


Sa vie aurait pu être un conte de fées, celui d'une princesse insouciante qui aurait vécu paisiblement son statut d'enfant star. Mais, l'actrice allemande et autrichienne a toute sa vie choisi de rompre avec les évidences, avec un succès trop vite obtenu, avec son pays... Au fond, Romy Schneider nourrissait un sentiment obsédant : exorciser le passé encombrant de sa mère, artiste proche du régime nazi. 30 ans après sa mort, Romy Schneider apparaît plus que jamais à la fois lumineuse et sombre.

Née à Vienne le 23 septembre 1938, un peu plus de six mois seulement après l'Anschluss - l'annexion par l'Allemagne nazie de l'Autriche -, Romy  Schneider  n'a jamais eu la nationalité autrichienne. "Ses racines étaient en Autriche", affirme pourtant l'Allemande Daniela  Sannwald, commissaire de l'exposition "Romy  Schneider ", qui a lieu à Bonn (ouest de l'Allemagne) jusqu'au 24 juin : "Elle avait un attachement familial avec sa grand-mère Rosa Albach-Retty et son père autrichien Wolf Albach-Retty."

Et c’est le rôle de « Sissi », la femme de l’empereur d’Autriche François-Joseph, qui la propulse star internationale du cinéma en 1955-56, alors qu’elle n’a pas 20 ans.

Romy Schneider vit alors en Allemagne et décide de rejoindre la France à la fin des années 1950. Elle veut échapper à l’image de Sissi, échapper à sa mère et son beau-père qui gèrent sa carrière, et rejoindre Alain Delon qu’elle a rencontré en 1958 et avec qui elle va vivre pendant cinq ans.

Les télévisions rendent hommage à Romy Schneider
De nombreux documentaires consacrés à sa vie d'artiste, ainsi que ses plus grands films sont rediffusés par les télévisions allemandes, françaises et  autrichiennes à l’occasion du 30e anniversaire de sa mort, avec notamment la rediffusion le 1er juin en Allemagne de "La Passante du Sans-Souci", son dernier film sorti en salle, un  mois et demi avant qu'on ne la retrouve sans vie dans son appartement parisien  le 29 mai 1982.

Après Bonn, Cannes célèbrera l'actrice, du 2 juillet au 2 septembre, dans une exposition éponyme, qui souhaite mettre en lumière les paradoxes de l'actrice : bénie des dieux et frappée par le destin, lumineuse et tourmentée.

Romy Schneider avec Anthony Quinn à Cannes pour la présentation du "Cardinal" d'Otto Preminger en 1963

Romy Schneider avec Anthony Quinn à Cannes pour la présentation du "Cardinal" d'Otto Preminger en 1963

© Dalmas / SIPA

Une carrière courte mais prolifique
Romy Schneider a joué dans une soixantaine de films au cours de sa trop courte carrière, enchaînant souvent trois films par an. Elle tourne avec les plus grands : Luchino Visconti, Otto Preminger, Orson Welles...

La carrière de l'actrice lumineuse, qui sait exprimer tout aussi bien le bonnheur et la douleur, est marquée dans les premiers temps par des rôles plus légers. "La Piscine" tourné par Jacques Deray en 1968, marqueles  retrouvailles émouvantes de Romy Schneider et Alain Delon. Elle aborde dans les années 1970 une nouvelle période cinématographique, avec des rôles plus sombres.

Claude Sautet l'a alors dirigée dans nombre de films emblématiques comme "Les choses de la vie" (1970), "Max et les Ferrailleurs  (1971), ou encore "César et Rosalie" (1972).

Comme si elle voulait  affronter son histoire familiale et celle de l'Allemagne, Romy Schneider tourne dans des films qui abordent la seconde guerre mondiale ("Le Vieux Fusil", "La Passante du  Sans-Souci"...).

Romy Schneider chez elle (novembre 1959)

Romy Schneider chez elle (novembre 1959)

© Dalmas / SIPA

Deux décès bouleversent Romy, qui disparaît à 42 ans
Le suicide de son ex-mari Harry Meyen, en 1979, l’a beaucoup marquée. Deux ans plus tard, son fils de 14 ans, David, est mortellement blessé en escaladant la grille de la maison de ses grands-parents.

Dix mois plus tard, le 29 mai 1982, Romy  Schneider est  retrouvée sans vie dans son appartement parisien. Elle avait 42 ans. On ne saura pas si elle s’set suicidée ou si elle a succombé à un excès de médicaments et d’alcool.

Le procureur de la République Laurent Davenas décide de classer l'affaire sans autopsie. "Sissi ne devait pas embarquer pour son dernier voyage à  l'Institut médico-légal. Je ne pouvais me résoudre à détruire le mythe, à en  faire une carcasse (...) manipulée par les mains d'un expert pathologiste",  confiera-t-il à Libération en 1998.