Polémique sur les places de 1ère classe au cinéma : Huchon "indigné"

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/02/2013 à 17H42, publié le 14/02/2013 à 16H56
Le Pathé Wepler à Paris : en gris, les fauteuils "1ère classe"

Le Pathé Wepler à Paris : en gris, les fauteuils "1ère classe"

© PHOTOPQR/LE PARISIEN/Thomas Morel-Fort

Les cinémas Gaumont-Pathé expérimentent depuis la mi-décembre un service dit "premium" de places plus chères parce que mieux placées et plus confortables dans une salle du Pathé-Wepler (XVIIIe arrondissement). Jean-Paul Huchon, président PS de la Région Ile-de-France, va écrire "personnellement" aux dirigeants du Groupe Pathé pour exprimer son "inquiétude"

Il s'agit pour l'instant d'une centaine de sièges, situés au milieu d'une salle de cinéma du XVIIIe arrondissement de Paris. Inclinables, numérotés, ils sont aussi plus chers. 14,20 euros les fauteuils "premium", 13,20 euros les fauteuils "duo".

"Un principe de ségrégation"
Interrogé à ce sujet jeudi en séance plénière du Conseil régional par le groupe PS, qui dénonce un "principe de ségrégation" dans l'accès à un "art populaire", M.Huchon a dit partager une même "indignation" devant des choix "consternants", surtout en période de crise.

Deuxième source de financement du cinéma par le CNC, la région Ile-de-France soutient le secteur dans toutes ses étapes de la production et la réalisation, à la modernisation et l'équipememnt des salles, mais pas des grands circuits de salles."Nous n'avons aucun pouvoir direct sur la tarification... mais le soutien que nous apportons à la production comme à la diffusion participe d'un même esprit, promouvoir l'égalité d'accès à la culture", a déclaré le président de région, "c'est une exception française et elle fonctionne plutôt bien". "Nous sommes donc en droit d'attendre d'un groupe de l'envergure de Pathé qu'il fasse en sorte que cette égalité soit promue et respectée", a estimé M.Huchon, annonçant qu'il allait "écrire personnellement en ce sens à Jérôme Seydoux et Eduardo Malone, coprésidents du groupe Pathé, pour leur exprimer 
notre indignation et notre inquiétude".

Un cinéma à deux vitesses
De son côté, le groupe communiste au Conseil de Paris a dénoncé une "scandaleuse augmentation" en période de crise, notant que "pour le tarif habituel, le spectateur n'a plus droit qu'à des places "torticolis". "Le cinéma est un art populaire, l'initiative du groupe Gaumont-Pathé en 
fait un privilège", a déploré Ian Brossat, président du groupe, qui a écrit à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti pour "savoir de quelle manière le gouvernement compte lutter contre le cinéma à deux vitesses".