Paris: la Guerre d'Algérie au Forum des images

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 21/01/2012 à 12H08
Opération de l'armée française en Algérie, dans les Aurès (novembre 1954)

Opération de l'armée française en Algérie, dans les Aurès (novembre 1954)

© AFP

Le Forum des images à Paris ouvre un cycle de rétrospectives et de conférences autour des images de la Guerre d'Algérie, 50 ans après la fin du conflit qui a duré huit ans

Du 24 janvier au 2 février, l'établissement installé aux Halles prévoit un programme de fictions, de documentaires, d'archives militaires et civiles, de témoignages souvent rares, captés depuis cinq décennies sur les rives françaises et algériennes de la Méditerranée.

Le 18 mars 1962, les accords d'Evian faisaient cesser le feu et leur approbation en avril signaient officiellement la fin du conflit et le départ pour les Français d'Algérie. Pour l'Algérie, la voie était ouverte pour l'indépendance, proclamée le 5 juillet.

Le Forum des images se souvient de cette histoire, avec des projections, des conférences et des débats avec les cinéastes et les historiens.

L'accent est mis sur les points de vue
"Le constat, 50 ans après, c'est que, comme souvent, ce conflit fut un  immense gâchis dont beaucoup sont sortis fracassés", note Jean-Yves de Lépinay, le directeur des programmes du Forum. Il a évité les montages historiques typiques des commémorations pour privilégier les points de vue et les paroles militantes ou intimes.

"Il existe énormément d'images contemporaines du conflit, et l'idée que le cinéma a peu traité de ce conflit est fausse : beaucoup de grands talents l'ont évoqué en creux", rappelle Jean-Yves de Lépinay, citant "Muriel" d'Alain Resnais ou "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy.

Et depuis, on n'a jamais cessé de filmer sur le sujet: de "Avoir 20 ans dans les Aurès"  de René Vautier tourné pendant la guerre, à "La Guerre sans nom" de Bertrand  Tavernier (1991) et "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb (2010).

En soirée d'ouverture, Jacques Charbit racontera l'Algérie d'après-guerre dans "Une si jeune paix". Puis Malek Bensmaïl revisitera, un  demi-siècle après, le village des Aurès cible du premier attentat anti-français en 1954, dans "La Chine est encore loin" (2007).

Tandis qu'Olivier Py, l'homme de théâtre, voyage avec "Méditerranées" dans la mémoire familiale qui garde l'Algérie - et la douleur du départ - au coeur, loin du folklore auquel le cinéma a souvent cantonné les pieds-noirs.

Des archives ouvertes
L'INA a ouvert ses archives et l'armée française viendra commenter les siennes. Le Forum des images regrette l'absence des archives algériennes. Mais un sociologue algérien, Belkacem Mostefaoui, viendra raconter comment l'Algérie commémore la guerre.

Les thématiques seront diverses: les fronts, les civils, les appelés, la guerre en métropole, les combats, les harkis, les combattants... Le 25 janvier seront projetés des "films de familles", français et algériens.

La Guerre d'Algérie, images et représentations au Forum des images, 24 janvier-2 février