Musiques de films : un manifeste des compositeurs contre la délocalisation

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/02/2015 à 18H38, publié le 02/02/2015 à 18H36
Le compositeur français de musiques de films Vladimir Cosma, en concert au Grand Rex en mars 2013.

Le compositeur français de musiques de films Vladimir Cosma, en concert au Grand Rex en mars 2013.

© Samuel Dietz / MaxPPP

Les compositeurs de musiques de films s'alarment de la délocalisation de leur travail. Ils appellent dans un manifeste publié lundi à "relocaliser" en France les enregistrements des musiques pour l'audiovisuel qui, pour des questions de coûts, ont le plus souvent lieu en Europe de l'Est.

"Un dumping social énorme" dans les pays de l'Est

"C'est tout un pan de notre économie culturelle qui peu à peu s'est délocalisé année après année. Aujourd'hui, des milliers d'emplois ont été détruits dans la production et la post-production musicale pour l'image dans notre pays", souligne ce manifeste initié par l'Union des compositeurs de musiques de films (UCMF).

Il doit être officiellement rendu public ce mardi à l'occasion du Salon des lieux de tournage à Paris.

"Depuis 10 ou 15 ans, une très grande partie des enregistrements" de musiques pour le cinéma, la télévision mais aussi les jeux vidéo est "faite à Prague, Sofia, Moscou, Skopje" où "se sont ouverts des studios avec des orchestres pratiquant un dumping social énorme", souligne Patrick Sigwalt, secrétaire général de l'UCMF.

"Un musicien y est payé cinq à sept fois moins cher qu'en France. Même avec voyage et hôtels, cela revient trois à quatre fois moins cher d'aller enregistrer là-bas", poursuit-il.

Appel à "trouver des solutions"

Au-delà du constat, les compositeurs appellent à "trouver ensemble des solutions, car il en existe et nous le savons" dans ce manifeste co-signé par l'Orchestre national d'Ile-de-France, la commission du film d'Ile-de-France et le Syndicat national des auteurs et compositeurs (Snac).

Selon M. Sigwalt, il paraît notamment nécessaire d'améliorer la réactivité des orchestres et des studios en disposant de lieux et de musiciens rapidement mobilisables, notamment pour répondre aux demandes souvent urgentes de la télévision.

De même, il souhaiterait que le fait d'enregistrer les musiques en France conditionne les aides aux productions audiovisuelles: "Aujourd'hui, ce n'est pas tout-à-fait le cas, il y a quelques pondérations mais c'est assez minime, cela n'incite pas les producteurs à rester sur le sol national".

L'UCMF compte parmi ses membres nombre de compositeurs confirmés comme Jean-Claude Petit (son président), Vladimir Cosma, Bruno Coulais ou Francis Lai.