Mille professionnels contre l'extension de la convention collective du cinéma

Par @Culturebox
Publié le 28/03/2013 à 12H40
Tournage du film "Les déferlantes" sur la plage d'Ecalgrain dans la Hague le 31 octobre 2012

Tournage du film "Les déferlantes" sur la plage d'Ecalgrain dans la Hague le 31 octobre 2012

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Jean Yves DESFOUX

Plus de 1.000 producteurs indépendants, réalisateurs et acteurs, dont Guillaume Canet et Isabelle Huppert, ont appelé jeudi le gouvernement à stopper l'extension d'une convention collective des métiers du cinéma, qui mettrait selon eux en danger des milliers d'emplois et la diversité des films.

20.000 emplois intermittents menacés
Dans un texte transmis à l'AFP, les producteurs indépendants disent "prendre acte" de la nomination dans la nuit par le gouvernement d'un médiateur dans le dossier mais "restent pleinement mobilisés pour la défense du cinéma français et le retrait du projet d'extension tel que prévu par le gouvernement".
Selon eux, cette convention "menace directement chaque année 20.000 emplois intermittents dans le cinéma et la publicité et 70 films de longs métrages, 600 courts métrages et 180 films publicitaires en France".
La "diversité et la vitalité" du cinéma français sont "mises en danger (...) au profit des productions les plus riches", favorisant "la concentration et le pouvoir économique des grands groupes d'exploitation de salles de cinéma", s'insurgent-ils.
L'appel a notamment été signé par Costa Gavras, Benoît Jacquot, Agnès Jaoui, Maiwenn, Patrice Leconte, Laurent Cantet, François Ozon, Olivier Assayas, Yvan Attal, Mathieu Amalric, Jacques Perrin, Vincent Cassel, Charlotte Gainsbourg, Julie Gayet, Vincent Lindon, Elsa Zylberstein... 
La convention élargie
Après sept ans de négociations, une première convention collective a été signée le 19 janvier 2012 par l'API, qui regroupe les "gros" de la distribution (Gaumont, Pathé, UGC, MK2 etc.), ainsi que par la CGT et le SNTPCT (syndicat des techniciens) notamment.
Le texte, signé par les majors du cinéma, prévoit la mise en place de seuils minimaux de rémunération pour les réalisateurs, ouvriers et techniciens du cinéma. C'est l'arrêté d'extension de cette convention que le ministre du Travail doit signer le 11 avril pour une entrée en vigueur au 1er juillet.
Mais une majorité de producteurs indépendants y sont opposés, arguant que s'ils étaient appliqués, ces niveaux de rémunération mettraient en péril de nombreuses petites et moyennes productions.Depuis janvier 2013, ceux-ci ont signé une convention collective concurrente avec la CFDT, et négociée avec la participation de FO.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les ministres du Travail Michel Sapin et de la Culture Aurélie Filippetti ont annoncé avoir confié à Raphaël Hadas-Lebel, président de section honoraire du conseil d'Etat, une médiation pour tenter de rapprocher les points de vue.