Le film de Lars von Trier "Nymphomaniac vol 1" restera sans visa d'exploitation

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/07/2017 à 18H35, publié le 28/07/2017 à 18H34
"Nymphomaniac - Volume 1" de Lars von Trier

"Nymphomaniac - Volume 1" de Lars von Trier

© Christian Geisnaes

La version longue du film "Nymphomaniac, volume 1", du réalisateur danois Lars von Trier, ne retrouve pas son visa d'exploitation, mais le "volume 2" peut conserver le sien, a statué vendredi le Conseil d'Etat.

Rejetant à la fois le pourvoi du ministère de la Culture et celui des associations Promouvoir et Pour la dignité humaine, proches des catholiques traditionalistes, le Conseil d'État a confirmé le jugement rendu en juillet 2016 par la cour administrative d'appel de Paris.
L'un des clips "teasers" de "Nymphomaniac" (2013)
Dans "Nymphomaniac", diptyque sorti en janvier 2014 en France dans sa version courte, le cinéaste danois retrace, dans des scènes de sexe explicites et non simulées, le parcours érotique d'une femme, de son enfance jusqu'à ses 50 ans. La narration est confiée au personnage principal Joe, nymphomane autoproclamée campée par Charlotte Gainsbourg.

La version longue "non censurée", plus longue de 30 minutes et présentée pour la première fois à la Berlinale en février 2014, contient davantage d'images sexuelles en gros plan. Ce diptyque en version longue se découpe en deux parties : le "volume 1", interdit aux moins de 16 ans, et le "volume 2", interdit aux moins de 18 ans.

Les associations traditionalistes avaient demandé l'annulation de leurs visas d'exploitation, obligatoires pour la diffusion d’un film en salles.
"Nymphomaniac - Volume 2" : extrait
La cour administrative de Paris avait estimé en juillet 2016 que l'interdiction aux moins de 16 ans n'était pas suffisante pour le "volume 1", comportant "des scènes à caractère sexuel, filmées en gros plan, de manière parfaitement réaliste et appuyée, sans aucune dissimulation des organes génitaux". Le visa d'exploitation avait été annulé pour la partie 1, et conservé pour la partie 2.

Les associations avaient déposé un pourvoi auprès du Conseil d'État demandant à retirer aussi le visa d'exploitation de la partie 2, quand le ministère de la Culture avait, lui, déposé un pourvoi pour contester l'annulation du visa d'exploitation de la partie 1.

Avec cette décision du Conseil d'Etat, le volume 1 de la version longue perd donc définitivement son visa d'exploitation (mais peut continuer à être commercialiser en DVD), tandis que le volume 2 le conserve. L'État écope par ailleurs d'une amende de 1.500 euros à verser aux deux associations.