Le Chinois Wanda échoue au rachat des Golden Globes

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/03/2017 à 14H38, publié le 13/03/2017 à 12H37
Wang Jianlin, patron du conglomérat chinois Wanda

Wang Jianlin, patron du conglomérat chinois Wanda

© Ta chuan / Imaginechina

Le milliardaire Wang Jianlin, patron du conglomérat Wanda, ne pourra pas acquérir la cérémonie des Golden Globes, récompenses remises par la presse étrangère aux films américains, tous les ans à Hollywood en janvier, qui précède et souvent augure les Oscars qui se tiennent en février.

Durcissement de Pékin

Lors d'un des coups d'éclat dont il est familier, Wang Jianlin, patron du conglomérat Wanda, avait dévoilé en grande pompe en novembre le rachat pour un milliard de dollars du californien Dick Clark Productions (DCP). DCP est le producteur des Golden Globes, prestigieuses récompenses du cinéma américain, et est impliqué dans des cérémonies très suivies comme Miss America.

Ce capotage illustre le durcissement de Pékin sur les sorties de capitaux, qui pourrait faire échouer d'autres rachats – dont celui du Milan AC.

Le fonds d'investissement américain Eldridge Industries, qui possède DCP, a précisé que la filiale de Wanda, mastodonte chinois de l'immobilier et du divertissement, "a résilié l'accord (...) une semaine après que Wanda eut été dans l'incapacité d'honorer ses obligations contractuelles". Eldridge réclame désormais au groupe chinois le versement d'indemnités.

Ce fiasco donne un coup d'arrêt au rêve hollywoodien de Wang Jianlin : après avoir racheté en 2012 la chaîne américaine de cinémas AMC, Wanda s'était emparé en 2016 du studio Legendary ("Jurassic World", trilogie "Batman") pour 3,5 milliards de dollars, avec l'ambition d'être un aiguillon du "soft power" chinois.
Jean Dujardin avec son Golden Globe du Meilleur acteur en 2012

Jean Dujardin avec son Golden Globe du Meilleur acteur en 2012

© ROBYN BECK / AFP

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Selon l'agence Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, l'opération était au point mort depuis janvier en raison des restrictions imposées par Pékin aux sorties d'argent du pays.

Soucieux d'endiguer une colossale hémorragie de capitaux, le régime communiste a en effet considérablement renforcé le contrôle des investissements à l'étranger de ses entreprises. Les autorités interdisent les opérations jugées "irrationnelles" - notamment dans l'immobilier, le sport et le divertissement - et la puissante agence de planification (NDRC) ne délivre son indispensable feu vert qu'avec parcimonie.

L’incapacité de Wenda à s'emparer des Golden Globes marque un tournant: "cela signifie que même l'un des conglomérats les plus vastes et les mieux connectés est victime de ce durcissement", commente la revue spécialisée Hollywood Reporter. Wanda a déclaré lundi à l'AFP "n'avoir aucun commentaire à faire" sur l'opération avortée.