Le bateau cinéma coule : 36 films en péril

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/12/2011 à 14H39
"Titanic" de James Cameron

"Titanic" de James Cameron

© Twentieth Century Fox France

La fermeture imminente de sociétés de post-production française met en péril l'avenir de 36 longs métrages dont la sortie est prévue en 2012. Les films, dont "Astérix, au Service de sa Majesté" (qui nécessite de nombreux effets spéciaux), "La Vérité si je mens 3 ", "Infidèle" de Jean Dujardin et Gilles Lellouche, le prochain Leos Carax ("Holly Motors") ou encore "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller, sont menacés.

Dommages collatéraux
Tant et si bien, que le président de la Fédération  des industries du cinéma, Thierry de Segonzac, dans une lettre à "Monsieur le Président de la République", évoque "la gravité et l'urgence" d'une situation susceptible d'entraîner des "conséquences économiques et culturelles irréversibles impliquant 36 œuvres cinématographiques".

"Les procédures collectives (redressement et liquidation judiciaires) dont font l'objet le Groupe Quinta et ses différentes filiales (...)  provoqueront des dommages collatéraux considérables inhérents à la dématérialisation numérique du stockage des œuvres", indique Thierry de Segonzac.

Affiche de "L'Argent" de Robert Bresson, signée Savignac

Affiche de "L'Argent" de Robert Bresson, signée Savignac

© MK2 Diffusion

300 millions d'euros
"Toutes saisies et déplacements des serveurs informatiques entraîneraient la perte irrévocable des éléments" qui représentent près de 300 millions d'euros d'investissements de production soit 25% de l'investissement annuel du cinéma français, explique-t-il.

En d'autres termes, a expliqué M. de Segonzac à l'AFP, si les différents sous-traitants et partenaires économiques des sociétés concernées (Quinta Industries, Laboratoire LTC, Auditorium SIS, Scanlab, Duran Duboi, selon le texte) viennent récupérer leur matériel et recouvrer leurs créances, les images actuellement stockées dans les disques durs de ces sociétés seront perdues.

Adapté du roman de Brian Selznick, "L'Invention d'Hugo Cabret", cette première réalisation en relief de Martin Scorsese ciblant le jeune public, se déroule à Paris dans les années 30 et met au centre de son scénatrio l'inventeur du spectacle cinématographique Georges Méliès, dont c'était le 150e anniversaire le 8 décembre.

Adapté du roman de Brian Selznick, "L'Invention d'Hugo Cabret", cette première réalisation en relief de Martin Scorsese ciblant le jeune public, se déroule à Paris dans les années 30 et met au centre de son scénatrio l'inventeur du spectacle cinématographique Georges Méliès, dont c'était le 150e anniversaire le 8 décembre.

© Metropolitan FilmExport

Course contre la montre
La Fédération, qui regroupe quelque 180 sociétés spécialisées dans la post-production, les effets spéciaux, l'animation, souhaite gagner un peu de temps afin que les producteurs des films en jeu puissent désigner d'autres prestataires en son sein pour continuer le travail.

"Dès lors, la réussite de ce dispositif implique une mobilisation et une réactivité immédiate des pouvoirs publics et une sensibilisation de l'institution judiciaire autour des professionnels", justifie le courrier.

Le groupe Quinta Industries, détenu majoritairement (83%) par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar, a été placé jeudi en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine). La semaine dernière, la sortie en salles du film de Martin Scorsese "Hugo Cabret" avait failli être annulée, avant d'être sauvée par des copies tirées à Rome.