Lancement d'une réforme pour soutenir le cinéma d'art et essai

Par @Culturebox
Publié le 07/04/2017 à 19H17
Le Cinéma municipal de La Flèche, dans la Sarthe, et ses deux salles, classé art et essai (octobre 2016)

Le Cinéma municipal de La Flèche, dans la Sarthe, et ses deux salles, classé art et essai (octobre 2016)

© Michel Gile / Sipa

Le Centre national du cinéma (CNC) a annoncé vendredi le lancement d'une réforme pour donner un nouvel élan aux quelque 1.162 cinémas d'art et d'essai, qui représentent la moitié des salles obscures en France, une exception en Europe.

Cette réforme, qui entrera pleinement en vigueur en 2019, va s'accompagner d'un effort financier, avec une aide de 1,5 million d'euros par an (dont 1 million dès 2017) venant s'ajouter aux 15 millions accordés chaque année au secteur.

L'idée est "de revenir aux valeurs fondatrices de l'art et essai" et d'insister sur la diversité des films et des salles, a affirmé lors d'une conférence de presse Frédérique Bredin, à la tête du CNC. Les salles d'art et essai attirent actuellement un quart de la fréquentation cinéma en France mais font face à la rude concurrence des multiplexes qui programment eux aussi des films classés "art et essai".

Mesures pour "revenir aux valeurs fondatrices de l'art et essai"

Face à un mécanisme de soutien, créé en 1962, jugé trop complexe, le CNC veut valoriser financièrement les cinémas d'art et essai bénéficiant des labels "jeune public", "patrimoine et répertoire" et "recherche et découverte" ainsi que ceux proposant des court-métrages. L'organisme entend également renforcer le soutien aux petits cinémas (un à trois écrans), en particulier les salles mono-écran (666 dans l'hexagone) qui sont une "spécificité française" et parfois "les seuls et derniers lieux culturels" dans les zones rurales et les petites agglomérations.

Enfin, le CNC veut inciter les exploitants à diffuser et accompagner les films classés "art et essai" (350 films en 2016, soit environ la moitié de la production) en relevant le plafond des aides accordées à ceux programmant au moins 15% de films possédant ce label. Pour mieux aider les exploitants dans ce travail, la recommandation "art et essai" sera désormais attribuée aux films en amont de leur sortie et non plus en aval, comme cela se fait aujourd'hui.