La mort du cinéaste Pierre Schoendoerffer

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 14/03/2012 à 08H47
Pierre Schoendoerffer

Pierre Schoendoerffer

© JOEL SAGET / AFP

Le cinéaste français Pierre Schoendoerffer est mort à l’âge de 83 ans. Rendu célèbre par son film « La 317e section », souvent taxé de cinéaste de droite du fait de son attachement à l’armée, Pierre Schoendoerffer avait bâti sa carrière sur une série de films, fictions ou documentaires, et de romans retraçant des vies de militaires français impliqués dans les conflits indochinois et algérien. Il vient de mourir à l’âge de 83 ans.

C’est pendant la guerre d’Indochine et remarquablement à Dien Bien Phu (où il est fait prisonnier par le Viet Minh) que Pierre Schoendoerffer, caméraman aux armées, commence sa carrière. Elle décollera véritablement en 1965 avec « La 317e section », l’adaptation sur grand écran de son roman éponyme publié deux ans plus tôt. Sous une forme très proche du documentaire, le film raconte un épisode vécu de la guerre d’Indochine, la progression en milieu hostile d’un petit groupe d’hommes auquel il appartenait et à qui il a notamment donné les visages de Bruno Cremer et Jacques Perrin.


Schoendoerffer restera toute sa vie fidèle à quelques comédiens et techniciens avec il travaillera régulièrement.


Si l’armée est constamment présente dans les films du cinéaste français, elle l’est souvent dans les souvenirs de personnages. C’est le cas dans « Le crabe tambour », l’un des plus beaux rôles confiés à Jean Rochefort. Sorti en 1977, il raconte l’histoire d’un officier de marine, dévoré par le cancer et qui, à l’occasion de son dernier commandement, revoit sa carrière notamment lors des guerres coloniales, dans le décor glacé des chemins de Terre-Neuve.

L’Indochine et le Vietnam resteront l’une de ses plus grandes inspirations, mais la guerre d’Algérie lui donnera l’occasion de signer un beau film « L’honneur d’un capitaine » qui traite encore des conséquences collatérales de la guerre et les ambigüités du pouvoir militaire.


C’est pourtant l’ex-Indochine et les deux guerres qui l’ont dévastée au XXe siècle qui l’auront le plus marqué. Outre la « 317e section », il leur consacrera deux documentaires. Le premier « La section Anderson », livre sans fard le quotidien d’une division US de la 1ere cavalerie, six semaines en immersion totale. Il obtiendra en 1968 l'Oscar du meilleur documentaire. Ce prodigieux témoignage connaitra une suite, « La section Anderson, 20 ans après » où Schoendoerffer retrouve aux Etats-Unis les mêmes protagonistes, les anciens de la section, souvent traumatisés et jamais réinsérés.

Il faudra attendre 1992 pour qu’il s’attaque à l’épisode qui a marqué sa vie, la chute de la cuvette de Dien Bien Phu, ce jour d’avril 1954 qui a mis fin à quatre vingt années de présence française en Indochine. Le cinéaste l’a effectivement tourné au Vietnam, avant que ce pays ne s’ouvre véritablement. Il a bénéficié du soutien de l’armée vietnamienne. Le tournage avait à l'époque permis de raffermir les liens entre les deux anciens belligérants.

L’Indochine, encore et pour toujours, mais aussi l’Algérie habitent son dernier film « Là-haut, un roi au dessus des nuages ». Et pour cause. Ce film comme le roman dont il s’inspire, figurent une espèce de résumé de la carrière de Schoendoerffer. Ils racontent l’enquête menée autour de la disparition en Asie du Sud-Est d’un ancien militaire devenu cinéaste et parti exfiltrer un ancien compagnon d'armes.  Les contraintes budgétaires auxquelles a été soumise la production interdisaient au réalisateur et à son équipe de tourner sur place. Il a donc utilisé avec beaucoup d’adresse des extraits de ses films précédents. Ce procédé de flash-backs a rendu étonnamment véridique le déroulé du récit en accréditant le vieillissement des personnages.

Un de ses romans, « L’Adieu au roi » a été porté au cinéma par un autre cinéaste, l’Américain John Millius.
La dernière œuvre de Pierre Schoendoerffer date de 2003, c’est un roman intitulé « L’aile du papillon ».

Les obsèques de Pierre Schoendoerffer lundi à 10H00 aux Invalides

Les obsèques du cinéaste et écrivain Pierre Schoendoerffer, décédé mercredi à l'âge de 83 ans, seront présidées par le ministre de la Défense, Gérard Longuet, lundi à 10H00 aux Invalides, a  annoncé le ministère.

"Le ministère de la Défense salue la mémoire de celui qui restera  l'écrivain d'aventures par excellence, ainsi qu'un analyste rigoureux de l'honneur et des valeurs du métier des armes, comme de la camaraderie des combats", a déclaré jeudi le porte-parole, Gérard Gachet, lors du point de  presse hebdomadaire.