La mort de Ken Russell : de Tommy à Litsztomania, redécouvrez ses films cultes

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 28/11/2011 à 10H59
Ken Russell en 2003 à Moscou

Ken Russell en 2003 à Moscou

© Max PPP. V.Maximov

Ken Russell, nommé pour plusieurs Oscars en 1970 pour le film "Women in Love", est décédé le 27 novembre à l'âge de 84 ans.

Il avait endossé plusieurs casquettes tout au long de sa vie: réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur, directeur de la photographie. Il avait débuté sa carrière à la télévision mais il est également connu pour avoir porté à l'écran la comédie musicale rock "Tommy" des "Who" en 1975, avec une bande originale alléchante: The Who, Eric Claption, Elton John ou Tina Turner.

Depuis l'échec de "La Putain" en 1992, on entendait presque plus parler du metteur en scène, flamboyant et provocateur. Les producteurs anglais et hollywoodiens l'ont abandonné. Ken Russell n'a pourtant jamais cessé d'écrire et de filmer dans son cottage près de Southampton, qu'il avait transformé en studio de cinéma.

"Tommy"

En 2001, le Festival du film d'action et d'aventure de Valenciennes avait rendu hommage à ce réalisateur visionnaire et provocateur des années 70-80 avec la présentation de 4 de ses films les plus représentatifs: "Love", "Tommy", "Au-delà du réel" et "Les jours et les nuits de China Blue". L'homme, loufoque, souvent marginalisé par l'industrie du cinéma, s'était essayé au média internet avec 8 films de 10 minutes chacun, regroupés sous le titre "The Fall of the Louise Usher" et librement inspirés de Poe "Avec plus d'humour, moins d'horreur, du sexe et plein de loufoquerie" expliquait-il en mai 2001 à Libération.

"Lisztomania" (Ken Russell, 1975) avec Roger Daltrey, Peter Nicholas and Ringo Star

"Woman in love" 1969

L'enfant terrible du cinéma britannique avait un penchant pour la polémique, la sexualité et les univers flamboyants
Né en 1927 à Southampton, il avait reçu un projecteur de cinéma à l'âge de 7 ans. Après un bref passage dans la marine marchande, il s'essaie sans succès au cinéma avant de se tourner vers le ballet, puis vers la photographie de mode, et, enfin, le cinéma muet. Son documentaire sur le compositeur Edward Elgar débute une série de 32 films pour la BBC. Epris de musique, il a adapté pour le petit écran les vies de nombreux compositeurs.

Il perce réellement en 1969 avec "Women in Love", d'après le roman de D.H. Lawrence sur la vie sentimentale mouvementée de deux soeurs -et de leurs amants- en Grande-Bretagne après la Première guerre mondiale. Le film joué par Glenda Jackson, Oliver Reed, Jennie Linen et Alan Bates comporte une scène de lutte nue entre Oliver Reed et Alan Bates, qui avait à l'époque fait scandale.

Le succès du film ouvre une nouvelle période pour Ken Russell, où le metteur en scène, libéré de ses inhibitions, se lance dans des films où la sexualité -et l'homosexualité- omniprésentes lui valent une réputation sulfureuse. Selon l'acteur Oliver Reed, c'est pendant le tournage du film que Russell "avait commencé à devenir dingue". "Avant c'était un metteur en scène aimable et sain d'esprit, maintenant il est aimable et fou", avait-il dit.

Il signe plusieurs films musicaux (The Music Lovers, Savage Messiah, Mahler, Lisztomania, Valentino ...). Dans les années 80, il tourne des films aux budgets plus modestes mais toujours flamboyants, comme Gothic (86) Salome's Last Dance, d'après Oscar Wilde (88) et une film d'horreur culte avec Hugh Grant, Le Repaire du ver blanc (the Lair of the White Worm, 88). Il s'est aussi essayé à la vidéo musicale (Nikita, pour Elton John), a publié une autobiographie et un recueil de critiques. Il fait une apparition remarquée en tant qu'acteur dans "La maison Russie", d'après le livre de John Le Carré, dans le rôle d'un agent britannique (1990).