La mémoire du cinéma français s'entretient aux Ateliers de Bois-d'Arcy

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/05/2016 à 17H09, publié le 19/05/2016 à 16H24
Des centaines d'heures de travail pour restaurer quelques minutes de film 

Des centaines d'heures de travail pour restaurer quelques minutes de film 

© France 3 Culturebox

Les films français ont leur clinique, un lieu où ils sont bichonnés, soignés et conservés avec amour. Installés dans un ancien fort militaire, les ateliers du Fort de Bois- d’Arcy dans les Yvelines renferment un million de bobines. Un véritable trésor qui suit l’histoire du cinéma de 1892 à nos jours.

Collecter, conserver, restaurer, valoriser. Ce sont les quatre grandes missions du service des archives du film, une institution publique fondée en 1969 par André Malraux et devenue en 2002 les Archives françaises du film. Au départ, les collections se sont constituées grâce à des dépôts volontaires et c’est dans une ancienne batterie militaire construite entre 1874 et 1879 à Bois-d’Arcy que les films ont été abrités.

En 1977, un décret instaure le dépôt légal pour les films français. Concrètement, les producteurs ou diffuseurs ont désormais l’obligation de déposer un ou plusieurs exemplaires des films auprès du Centre National du Cinéma (CNC) depuis 1992. A partir de cette époque, les collections se sont donc largement enrichies de films français et étrangers. 

Reportage : M. Vial / N. Salem / M. Gualandi / E. Noiret

Au sein de l’enceinte historique de Bois-d’Arcy, des bâtiments neufs ont été construits pour offrir des conditions optimales de conservation : 12 degrés de températures et 35 % d’humidité relative. Il a aussi fallu prendre en compte la dangerosité des films fabriqués sur un support en nitrate de cellulose, un composé chimique très inflammable, interdit en France en 1922 mais utilisé en prise de vue dans le format 35mm jusqu’au milieu des années 50. 

En 2004, les Archives françaises du film se sont dotées d’un laboratoire numérique de restaurations de films. Une avancée mais qui ne résout pas tout. Selon Serghe Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française (2003- 2015), "le numérique n'offre pas de garantie de pérennité en terme de conservation de longe durée. La technologie évolue à toute vitesse. Quand un nouveau logiciel est créé, on risque de perdre les données essentielles". Dommage surtout quand on apprend que selon certains spécialistes, le film argentique est l’idéal pour conserver les œuvres.