La justice américaine maintient les poursuites pour agression sexuelle contre le réalisateur Roman Polanski

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/08/2017 à 11H28, publié le 19/08/2017 à 11H18
Roman Polanski, accompagné par ses deux avocats de l'époque, à la Cour régional de Cracovie qui devait, en 2015, trancher sur l'extradition du réalisateur franco-polonais vers les Etats-Unis du fait des poursuites pour agression sexuelle. La Cour a finalement bloqué l'extradition. 

Roman Polanski, accompagné par ses deux avocats de l'époque, à la Cour régional de Cracovie qui devait, en 2015, trancher sur l'extradition du réalisateur franco-polonais vers les Etats-Unis du fait des poursuites pour agression sexuelle. La Cour a finalement bloqué l'extradition. 

© JANEK SKARZYNSKI / AFP

Le 18 août, le juge américain Scott Gordon a publié une décision dans laquelle il indique qu'il refuse de clore les poursuites pour agression sexuelle contre Roman Polanski. 40 ans après les faits, c'est pourtant ce que demandait le réalisateur franco-polonais, mais aussi la victime, Samantha Geimer.

"L'accusé dans cette affaire est un fugitif qui refuse d'exécuter les ordres des tribunaux", écrit le juge Scott Gordon dans sa décision. "Même si elle a été décrite avec éloquence par" la victime Samantha Geimer, âgée de 54 ans et qui en avait 13 à l'époque des faits, "sa conduite continue à la blesser et amplifie le traumatisme de l'agression sexuelle qu'elle a subie", argumente le juge. "La seule chose qui a changé dans ce dossier est que l'accusé, à travers ses avocats, continue ses attaques contre chaque magistrat en charge du dossier (...). Une telle conduite ne constitue pas une base de clôture des poursuites", conclut-il.

La victime demande que le dossier soit refermé

"Ce tribunal continue à étudier une affaire vieille de 40 ans avec un accusé de (84 ans) qui a déjà servi plus de trois fois en détention la peine que lui avait promise cette cour", a répété l'avocat de Polanski Harland Braun dans une motion publiée le 18 août. Samantha Geimer avait quant à elle imploré en juin le tribunal de "refermer cette affaire", déclarant que les procédures interminables minaient son existence et qu'elle avait pardonné à son agresseur.
Le juge Scott Gordon écoute Samantha Geimer, la victime de Polanski, 13 ans lors des faits. 40 ans après, elle demandait que le dossier soit clôturé (juin 2017). 

Le juge Scott Gordon écoute Samantha Geimer, la victime de Polanski, 13 ans lors des faits. 40 ans après, elle demandait que le dossier soit clôturé (juin 2017). 

© PAUL BUCK / POOL / AFP

Le cinéaste, qui a eu 84 ans le 18 août, est accusé d'avoir drogué Samantha Geimer et de l'avoir violée dans la maison de Jack Nicholson à Los Angeles en 1977, pendant
que l'acteur était en voyage. Roman Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure et, en échange, le juge avait accepté de ne pas retenir d'autres chefs d'inculpation plus graves, notamment le viol avec fourniture et usage de drogue.

Roman Polanski fuit toujours les Etats-Unis

L'accord juridique avait été obtenu avec le consentement de la famille et de leurs avocats. Après 42 jours en détention pour subir un examen psychologique, il avait été libéré pour pouvoir terminer un tournage. D'après des documents déposés par son avocat Harland Braun, Polanski avait obtenu par le juge en charge de l'affaire que les six semaines qu'il avait déjà passées en détention seraient sa seule peine d'incarcération. Mais en 1978, convaincu que le juge allait revenir sur cette promesse et l'envoyer en prison, pour peut-être des décennies, il a fui pour la France.

Roman Polanski, marié avec l'actrice Emmanuelle Seigner, avec qui il a deux enfants, a depuis toujours refusé de retourner aux Etats-Unis sans assurance qu'il ne serait plus emprisonné.