La 74e Mostra de Venise, entre humour noir, récits intimes et drames à suspense

Par @Culturebox
Publié le 29/08/2017 à 14H15
Le plus vieux festival de film au monde, qui s'ouvre mercredi 30 août, lance la saison d'automne du 7e art.

Le plus vieux festival de film au monde, qui s'ouvre mercredi 30 août, lance la saison d'automne du 7e art.

© Domenico Stinellis / AP / SIPA

La 74e Mostra de Venise, qui s'ouvre mercredi 30 août, promet une vague anglosaxone de sueurs froides et de rires grinçants sur la lagune, mais les âmes sensibles pourront aussi se plonger dans des récits intimistes.

Le tapis rouge du plus vieux festival de cinéma du monde sera foulé par les monstres sacrés Jane Fonda et Robert Redford - qui recevront un Lion d'Or pour leur carrière - ainsi que par Matt Damon, Ethan Hawke, George Clooney, Javier Bardem, côté garçons et Jennifer Lawrence, Penelope Cruz, Michelle Pfeiffer, Helen Mirren, Julianne Moore ou Frances McDormand, côtés filles.

Le réalisateur britannique Stephen Frears recevra un prix spécial, "Gloire au réalisateur", saluant une contribution innovante au cinéma contemporain.

Clooney, Aronofsky, del Toro

Cinq réalisateurs américains, quatre Italiens, deux Britanniques, trois Français, un Mexicain, un Australien, un Israélien, un Libanais, un Japonais et deux Chinois seront en lice dans la compétition officielle et présenteront au total 21 films, tous en première mondiale. Parmi eux le très attendu "Suburbicon", dernier opus en tant que réalisateur de l'Américain George Clooney - cette fois seulement derrière caméra - dont le scénario est co-signé avec les frères Coen.
Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle, mais en 1959, une famille idéale (avec un Matt Damon en patriarche binoclard) va y connaître une descente aux enfers après une effraction à domicile. Les premières images promettent une comédie violente et déjantée.

Sur le même registre du drame teinté d'humour noir, le réalisateur et dramaturge britannique Martin McDonagh présentera "Three Billboards Outside Ebbing, Missouri", avec Frances McDormand en mère de famille en colère, qui a perdu sa fille et défie le chef de la police locale (Woody Harrelson) en placardant son incompétence sur trois panneaux publicitaires.

Potentiel blockbuster au scénario encore mystérieux, "Mother!" de l'Américain Darren Aronofsky ("Black Swan") est précédé d'une bande annonce sanguinolente de film d'horreur. Un couple (Jennifer Lawrence et Javier Bardem) voit sa relation se détériorer sérieusement avec l'arrivée d'invités inquiétants (Ed Harris et Michelle Pfeiffer).
Autre drame à suspens, "First reformed" dernière oeuvre du vétéran d'Hollywood Paul Schrader. Un ancien aumônier militaire (Ethan Hawke), ravagé par la mort de son fils, se retrouve confronté aux secrets de son église, complice d'affaires louches avec des multinationales peu éthiques.

"Downsizing" : de la science-fiction en ouverture

La compétition démarrera mercredi soir sur un registre plus léger, avec la satire sociale en mode science-fiction signée de l'Américain Alexander Payne. Dans "Downsizing", un homme ordinaire d'Omaha (Matt Damon une nouvelle fois à l'affiche) rêve d'une vie meilleure avec sa femme (Kristen Wiig). Ils décident de profiter d'une radicale découverte de scientifiques pour rétrécir à 13 centimètres de hauteur, dépenser moins d'argent et espérer un quotidien plus fastueux.

Les fans des sombres fables fantasmagoriques du Mexicain Guillermo del Toro attendent avec impatience "The Shape of Water", récit en pleine Guerre froide de la relation entre une femme de ménage muette (Sally Hawkins) et une créature marine cachée par des scientifiques dans le laboratoire ultra-secret où elle travaille.
Plus intimiste, "Lean on Pete" du Britannique Andrew Haigh, raconte l'histoire d'un adolescent livré à lui-même qui se prend d'affection pour un cheval de course condamné à l'abattoir. Et "Sweet Country", western australien qui se déroule dans les années 20, explore l'injustice dans un pays indifférent au sort des aborigènes, à travers le regard du réalisateur aborigène Warwick Thornton.

Le Français Robert Guédiguian retrouve son Marseille natal avec "La Villa", tourné dans une calanque, où il évoque le thème de la transmission de valeurs familiales, réflexion de trois adultes qui se rassemblent autour de leur père vieillissant. L'Italien Paolo Virzi ("The Leisure seeker") joue la carte internationale avec un road movie au casting prometteur, Helen Mirren et Donald Sutherland qui s'enfuient en camping-car loin de l'univers suffocant des médecins et de leurs enfants devenus grands.

Plus politique, "L'Insulte", du Libanais Ziad Doueri, raconte la longue bataille judiciaire entre un chrétien libanais et un palestinien, qui va se transformer en affrontement national.

Déjà sacré à Venise en 2009 avec "Lebanon", l'Israëlien Samuel Maoz tentera de récidiver avec "Foxtrot", tragique histoire familiale entre un père et son fils envoyé dans un poste militaire isolé. Attendu lui aussi, "Human Flow", le documentaire du plasticien et dissident chinois Ai Weiwei, dont la caméra est allée filmer les phénomènes migratoires dans 23 pays de la planète.