L'affiche du baiser entre hommes suscite des échanges houleux à Saint-Cloud

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/06/2013 à 10H24, publié le 13/06/2013 à 09H13
Affiche du film "L'Inconnu du lac" © PHOTOPQR/L'ALSACE

Partisans et opposants du retrait par la municipalité de Saint-Cloud d'une affiche de cinéma montrant un baiser entre deux hommes se sont pris à partie mercredi soir devant la mairie de cette commune des Hauts-de-Seine. 250 personnes favorables à la décision municipale, dont plusieurs membres du FN local, ont fait face à une vingtaine de défenseurs de "L'Inconnu du Lac", dont des militants du PS.

Pendant presque deux heures, chaque camp a entonné divers slogans sous la surveillance d'un effectif policier important. Malgré quelques échanges verbaux tendus et des invectives, le face à face s'est terminé sans incident majeur quand les manifestants en faveur du maintien de l'affiche se sont retirés.
La bande-annonce de "L'Inconnu du lac" d'Alain Guiraudie
"Nous sommes là pour l'égalité des droits", avait auparavant expliqué Xavier Brunschvicg, secrétaire local du PS. "L'affiche est une provocation (...) qui rentre en infraction avec la loi", a de son côté jugé Alexandra Trémorin, conseillère municipale FN à Saint-Cloud, se référant à l'"exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui" du Code pénal. En arrière plan de l'affiche, une scène semble évoquer une fellation.

Le maire (UMP) de Saint-Cloud Eric Berdoati, qui avait appelé à ne pas venir manifester et n'était pas présent, a regretté un "épiphénomène" et réfuté toute volonté de "coup politique". "Ce n'est pas le rôle d'un élu de monter les gens les uns contre les autres", a-t-il ajouté, justifiant le retrait des affiches intervenu il y a quelques jours par une volonté d'apaisement des esprits dans un contexte tendu.

Réagissant au retrait dans deux communes des affiches de "L'inconnu du lac" d'Alain Guiraudie, réalisateur originaire de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, a déclaré : "À partir du moment où commence la censure, on ne sait jamais où elle s'arrête. Ni jusqu'où ceux qui s'y livrent sont capables d'aller. Ils ne doivent jamais aller au cinéma ou regarder la télévision".