L'acteur Marco Perrin est mort

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 23/02/2014 à 11H16, publié le 22/02/2014 à 18H30
Marco Perrin dans "Fais gaffe à la gaffe" (1981) de Paul Boujenah

Marco Perrin dans "Fais gaffe à la gaffe" (1981) de Paul Boujenah

© Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)

L'acteur Marco Perrin est décédé lundi 17 février à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) à l'age de 87 ans. Acteur de cinéma, de télévision et de théâtre, il a beaucoup servi la comédie et avait interrompu sa carrière en 1983, suite à un accident vasculaire cérébral. Un second rôle iconique du cinéma français et de la scène, une "gueule" et une voix qui nous manquent.

Né en 1927, d'origine serbe, Marco Perrin, de son vrai nom Jean Marco Markovitch, a commencé sa carrière de comédien en 1952 dans "Les Barbes nobles" d'André Roussin au théâtre du Grand Guignol, à Paris. Il ne restera guère dans le répertoire horrifique cher au théâtre de la rue Chaptal, se consacrant par la suite pour une grande partie de ses apparitions à la comédie. il sera ainsi un des piliers de l'émission "Au théâtre ce soir" dans les années 60-70, tournée au Théâtre Marignny, apparaissant dans des mises en scène de Jacques Fabri, Michel Roux, Jean Le Poulain, entre-autres, et auxquels il donnait la réplique. Il sera également de "La Cage aux folles" aux côtés de Jean Poiret et Michel Serrault.

Il fait ses débuts au cinéma en 1955 comme figurant dans "La Tour de Nesle" d'Abel Gance et même dans "Les Vikings" de Richard Fleisher, avec Kirk Douglas. Il obtient des rôles plus importants, mais jamais en tête de distribution, dans "Adieu Philippine" (sur la guerre d'Algérie) de Jacques Rozier (1962), "Monnaie de singe" (1965) d'Yves Robert, "L'Armée des ombres" (1969) de Jean-Pierre Melville et même dans une adaptation de "Justine" du Marquis de Sade de Claude Pierson en 1970. Alternant les rôles comiques et dramatiques, c'est pour les premiers qu'il est sans doute le plus connu. Il côtoya les plus grands, Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Gérard Depardieu, Louis De Funès...
Marco Perrin face à Gérard Depardieu dans "Les Valseuses"(1974) de Bertrand Blier
Il ne cesse alors de passer de la scène aux plateaux de cinéma. Pierre Richard le dirige dans "Les Malheurs d'Alfred", son deuxième film de 1971. Jean-Claude Brialy fera trois fois appel à lui dans "Eglantine" (1972), "Les Volets clos" (1972) et "L'Oiseau rare" (1973). Il apparaît également dans "Les Valseuses" (1974) et "Buffet froid" (1979) de Bertrand Blier. Ses innombrables films comportent également leur lot de "nanars", comme "Belles, blondes et bronzées" (1981) de Max Pecas, avec lequel il tournera encore deux fois. Une curiosité dans sa filmographie : le surréaliste, ou plutôt film "panique", "J'irai comme un cheval fou" de Fernando Arrabal en 1973.

Marco Perrin connût également les belles heures de la télévision, en apparaissant dans deux épisodes de "Thierry la Fronde", dans "Les Cinq dernières minutes", "La Dame de Monsoreau", "La Demoiselle d'Avignon", "Le Passe muraille" signé Pierre Tchernia, ou "Arsène Lupin joue et perd", feuilleton d'Alexandre Astruc.

Partenaire de Louis De Funès dans "Le Gendarme et les extraterrestres" et "La Soupe aux choux", c'est le jour de la mort du "gendarme" en 1983 que Marco Perrin est tombé dans le coma, restant hémiplégique et devant renoncer à sa carrière. Il apparaît cependant une dernière fois en 2010 dans un documentaire de Jérémy Kaplan, "Marco Perrin", où il se remémore sa fructueuse carrière. Il repose désormais au cimetière d'Auriol dans les Bouches-du-Rhône. Respect.