Jean-Pierre Mocky : "On dit que je suis une légende"

Par @Culturebox
Publié le 16/11/2016 à 14H56
JOEL SAGET / AFP

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© JOEL SAGET / AFP

Entre fierté et amertume, le cinéaste iconoclaste Jean-Pierre Mocky, 83 ans, qui sort un livre sur sa vie, se considère à la fois comme "une légende" et "un pestiféré".

"Je suis censé être un révolutionnaire, un réprouvé, un pestiféré" et "on dit aussi Mocky, c'est une légende", lance d'emblée lors d'un entretien avec le réalisateur provocateur, qui vient de publier "Mocky soit qui mal y pense" (Cherche-Midi), dans lequel il raconte ses difficultés de cinéaste indépendant.
 
"Un seul de mes films, ‘Un Drôle de paroissien’, a eu droit à une avance sur recettes" du Centre national du cinéma (CNC), souligne ce franc-tireur du cinéma, qui reçoit dans son appartement parisien des bords de Seine.
 
Auteur d'une œuvre pléthorique, souvent satirique, Jean-Pierre Mocky a commencé sa carrière comme comédien au cinéma et au théâtre, avant de devenir réalisateur à la fin des années 50 avec "Les Dragueurs".
 

Le virage compliqué des années 90

Il a remporté du succès avec des comédies populaires comme "Un drôle de  paroissien" (1963) et "La Grande lessive (!)" (1969) avec Bourvil, avant de se tourner vers des polars ou des films dénonçant la bêtise, l'hypocrisie et la corruption, comme "A mort l'arbitre" (1984), sur les dérives de certains supporters de football.

Après l'échec d'"Une nuit à l'Assemblée nationale", le virage des années 90 sera plus compliqué à négocier pour le cinéaste. Ni le public ni la critique ne se bousculent pour voir les œuvres de celui qui se qualifie lui-même alors d'"underground".    
 

"J’ai fait 100 films"

 
Mocky tourne comme il parle, vite. "Je suis cinéaste j'ai fait cent films, trois par an", dont une soixantaine comme metteur en scène au cinéma, poursuit le réalisateur, impeccable dans une veste assortie à la couleur de ses yeux bleus délavés. Sa définition du "cinéma idéal"? "50% de pur divertissement, 50% de réflexion", écrit-il dans son livre. Pour lui, il "faut faire des films comestibles pour le public, sur des sujets de toutes sortes".
 
Cet octogénaire infatigable ne manque pas de projets, avec plusieurs films en préparation, dont un "sur le Conservatoire", et un autre, "Vénéneuse", sur Humphrey Bogart, qu'il "a connu". Prochainement doit sortir aussi "Rouges étaient les lilas", un polar tiré d'une histoire d'Alfred Hitchcock. 
 
"Je prépare un film avec Depardieu sur l'enlèvement du président de la République", une "farce politique" dont la sortie devrait coïncider avec la présidentielle, ajoute encore l'auteur de "L'Ibis rouge" (1982), qui garde actuellement le chien de l'acteur français.