Israël : la ministre Miri Regev exige une enquête sur le réalisateur arabe israélien Mohammed Bakri

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/09/2017 à 09H19, publié le 24/09/2017 à 15H31
Le réalisateur Mohammed Bakri en 2010

Le réalisateur Mohammed Bakri en 2010

© ANDREAS SOLARO / AFP

La ministre israélienne de la Culture a demandé dimanche au procureur général d'ouvrir une enquête sur Mohammed Bakri. Le réalisateur et acteur arabe israélien, qui est actuellement au Liban dans le cadre du festival culturel "Palestine Days", aurait affirmé durant le week-end, dans des propos cités par la presse locale, que "la normalisation avec l'ennemi sioniste est une trahison".

Mohammed Bakri aurait indiqué également que "le débat autour de ce sujet est inapproprié et totalement inacceptable." Le réalisateur a qualifié sa présence au Liban, un pays en guerre avec Israël, de "victoire sur les lois racistes (d'Israël)" dans des remarques publiées par le journal libanais Al-Akhbar.

Dimanche, la ministre israélienne de la Culture Miri Regev a demandé au procureur général Avichai Mandelblit d'ouvrir une enquête sur Mohammed Bakri à son retour pour s'être rendu dans un pays ennemi et pour avoir fait des déclarations incitant à la violence contre l'Etat. "L'absence de réponse ferme de la part des autorités chargées de faire respecter la loi légitimerait ce type de conduite inacceptable", a écrit Mme Regev dans une lettre. 

Mohammed Bakri a déclaré à la deuxième chaîne de télévision israélienne qu'il ne croyait pas "un mot" de ce que disait Miri Regev. "Je ne la prends pas au sérieux," a-t-il dit, ajoutant qu'il n'avait pas peur d'être arrêté.

Mohammed Bakri avait provoqué un scandale en Israël avec son film "Jénine, Jénine" sur les affrontements d'avril 2002 au cours desquels 52 Palestiniens et 13 Israéliens avaient été tués dans la ville palestinienne de Jénine en Cisjordanie occupée. Le film avait été interdit en Israël après quelques projections mais la Cour suprême avait ensuite déclaré cette interdiction illégale.
Affiche du film "Jénine, Jénine" de Mohammed Bakri

Affiche du film "Jénine, Jénine" de Mohammed Bakri

© DR
Miri Regev, membre du Likoud, le parti de droite au pouvoir en Israël, entretient des relations tumultueuses avec le monde artistique israélien et s'en prend régulièrement à l'élite culturelle ancrée à gauche. "Foxtrot", un film israélien candidat aux Oscars et ayant obtenu le Lion d'argent Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise, a déjà suscité l'indignation de Mme Regev pour qui cette oeuvre prête le flanc à une accusation de "meurtre rituel" à l'encontre de soldats israéliens. Elle n'a pas été invitée à la cérémonie de remise des prix Ofir (l'oscar israélien) suite à cette polémique.