Iran : le cinéaste Keywan Karimi fera un an de prison et recevra 223 coups de fouet

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/02/2016 à 14H25, publié le 23/02/2016 à 11H48
Keywan Karimi, son cadreur Arasto Givi et l'assistante de réalisation Fateme Hafezi sur le tournage du documentaire "Écrire sur la ville", tourné entre 2012 et 2015

Keywan Karimi, son cadreur Arasto Givi et l'assistante de réalisation Fateme Hafezi sur le tournage du documentaire "Écrire sur la ville", tourné entre 2012 et 2015

© Non crédité / AP / Sipa

Une cour d'appel de Téhéran a allégé la peine de six ans de prison ferme à l'encontre du jeune cinéaste iranien Keywan Karimi pour "insulte contre les valeurs sacrées", mais elle a maintenu sa condamnation à 223 coups de fouet, a-t-il indiqué mardi à l'AFP.

"J'ai été informé (...) que cinq des six ans de prison ferme de ma peine (en première instance) ont été transformés en sursis, mais que je dois aller un an en prison, recevoir 223 coups de fouet et payer une amende de 20 millions de rials (570 dollars)", affirme le cinéaste dans ce mail.

Keywan Karimi ajoute que cette peine "est définitive", qu'il va "l'accomplir" et n'a pas "l'intention de quitter" l'Iran. Il ajoute juste qu'il espère pouvoir obtenir un délai de quelques semaines avant d'être incarcéré, ce qui lui permettrait d'être auprès de sa mère jusqu'à "la fin de sa chimiothérapie" et de "finir de tourner" son dernier film.

Début décembre, quelque 130 cinéastes iraniens avaient écrit une lettre de soutien à Keywan Karimi, se déclarant "choqués" par sa condamnation en première instance et espérant qu'en appel il serait acquitté. Parmi les signataires figurait le réalisateur Jafar Panahi qui a obtenu en 2015 l'Ours d'or du festival cinématographique de Berlin pour son film "Taxi", tourné clandestinement à Téhéran malgré une interdiction de filmer imposée au réalisateur par les autorités iraniennes.

Une campagne internationale de soutien

Keywan Karimi, musulman sunnite originaire du Kurdistan iranien, semble avoir été condamné pour des scènes d'un film documentaire consacré aux graffitis politiques sur les murs de Téhéran, intitulé "Ecrire sur la ville". Avant la lettre des cinéastes iraniens, une campagne internationale de soutien à Keywan Karimi avait été lancée à laquelle ont participé de nombreux cinéastes français, italiens et espagnols.

"Keyvan Karimi rejoint la trop longue liste des artistes, journalistes et citoyens condamnés par l'Iran au mépris de la plus élémentaire liberté d'expression ou de pensée", avaient écrit en octobre dans un communiqué les cinéastes français de l'Association des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP).