Il y a plus de 100 ans naissait le "western-camembert" en... Camargue

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/06/2015 à 17H19, publié le 17/06/2015 à 16H58
A Marseille, le collectif Oaïstern fait revivre le Western made in France

A Marseille, le collectif Oaïstern fait revivre le Western made in France

© France 3 / Culturebox

Peu de gens le savent, mais au début du XXe siècle la Camargue avait un petit air de Far West. Dès 1910, le "western camembert" voit le jour sous l'impulsion de l'acteur-réalisateur français Joë Hamman, qui s'approprie tous les codes du genre. Aujourd'hui, le collectif Oaïstern fait revivre quelques chevauchées avec des ciné-concerts décalés.

Le collectif marseillais Oaïstern revisite une page méconnue de l'histoire du cinéma français, celle des western-camembert tournés en Camargue entre 1911 et 1914. Deux passionnés de cinéma restaurent et projettent les films muets de Joë Hamman et Jean Durand. 

Reportage : A. Garaude / L. Aubert / M. Boissonnet

Le western-camembert toujours en selle

Après trois ans de recherches approfondies,Yzavé et Dzinowsky du collectif Oaïstern font revivre les archives et organisent des ciné-concert. Ici les canyons du Colorado se trouvent aux Baux de Provence et les vastes plaines de l’Arizona sont transposées en Camargue. Revigorés par une bande-son d'aujourd'hui (Djembé, banjo et guitares), les films sont projetés en plein air pour les gens du quartier. La dernière chevauchée a eu lieu sur le toit du Corbusier à Marseille, mardi 16 juin 2015. 

Joë Hamman pionnier du western camembert

Passionné de cinéma depuis son enfance, Jean Hamman (qui se fera appeler Joë) découvre les films des Frères Lumière lors du Salon Indien en 1895. Né en 1883 dans une famille bourgeoise, il accompagne son père en voyage d'affaire aux Etats-Unis et découvre les Wild West Shows du fameux Buffalo Bill avec qui il se lie d'amitié. Il rapporte dans sa besace la furieuse envie de faire des films et de les tourner dans des décors réels.

C'est en Camargue qu'il trouve son bonheur. Faisant appel au réalisateur chevronné Jean Durand, il est l'un des pionniers du genre. Le western-camembert ou western bouillabaisse, selon les goûts, voit le jour au début du XXe siècle.
La Camargue sert pour la première fois de décor naturel au tournage des westerns

La Camargue sert pour la première fois de décor naturel au tournage des westerns

© France 3 / Culturebox


Les indiens sont des japonais

Sur les tournages on joue très sérieusement aux cow-boys et aux indiens. Les gardians camarguais du marquis Folco de Baroncelli se trouvent harnachés à l'américaine et affrontent les Indiens, incarnés par quelques étudiants japonais de passage.
Les Sioux sont joués par des étudiants japonais 

Les Sioux sont joués par des étudiants japonais 

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

La vie du western-camembert s'achève seulement cinq ans après sa naissance mais laisse une trace indélébile de lasso dans toute la Provence. Une vingtaine de courts ont été tournée entre 1909 et 1913 et sont considérés comme les premiers westerns européens. La série a connu un grand succès populaire. A l'époque, Gaumont l'exporte jusqu'aux Etats-Unis, où les critiques sont élogieuses.