Hommage à John Williams au Grand Rex : les amateurs enthousiastes

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 03/05/2016 à 10H23
La scène du Concert John Williams/Steven Spielberg au Grand Rex du 30 avril 2016

La scène du Concert John Williams/Steven Spielberg au Grand Rex du 30 avril 2016

© Jacky Bornet

L'hommage rendu à John Williams au Grand Rex, à Paris, le 16 mai, a fait courir les foules et enchanté les amateurs du compositeur de musiques de films. Un hommage sous le signe de la collaboration : Williams-Steven Spîelberg interprété par le Sinfonia Pop Orchestra, composé de jeunes instrumentistes passionnés de musiques pour l'écran, conduit par Constantin Rouits, co-fondateur de l'orchestre.

Standards

Captée en direct et disponible depuis sur Culturebox, la prestation de quelque deux heures, avec une vingtaine de thèmes au programme, comportait plus d'une surprise. Comme la présence sur scène du comédien Jonathan Ke Quan, interprète de Demi-Lune dans "Indiana Jones et le temple maudit", qui a distillé de savoureuses anecdotes et une jovialité communicative. Autre inattendu : l'interprétation pour la première en public du "Thème de Rey", issu de Star Wars : Le Réveil de la Force". Le concert était par ailleurs une première mondiale.
La façade du Rex à Paris

La façade du Rex à Paris

© BENAROCH/SIPA
Pourtant, cette prestation n'avait pas commencé sous les meilleurs auspices. Le morceau d'ouverture, "Anything Goes", adaptation de Cole Porter qui introduit "Indiana Jones et le temple maudit", a été entaché par un problème de micro de l'interprète de la chanson, Emily Pello, qui s'en est trouvée déstabilisée, ce qui s'est répercuté sur l'orchestre, freinant la dynamique de cette formidable partition.
"Indiana Jones et le temple maudit" : ouverture ("Anything goes")
Les choses se sont vite rétablies avec le thème des "Dents de la mer", l'une des compositions les plus célèbres de John Williams, introduite par les contrebasses et violoncelles, relevées par les cors. La première partie du concert était dédié à des thèmes restés dans les mémoires, tels que "Rencontres du 3e type", "E.T. l'extraterrestre" ou les "Aventuriers de l'Arche perdu". Mais des morceaux choisis moins connus comme "Hook", "Munich" ou le jazzy "Attrape-moi si tu peux" et ses trois xylophones.

Diversité

L'acte deux fut dominé par des morceaux plus difficiles, avec une qualité d'interprétation remarquable de la part des jeunes musiciens talentueux du Sinfonia Pop Orchestra.

"L'Empire du soleil" fut illuminé par la voix d'Ana Carolina Grabrowski-Romero, qui chanta en gallois à la perfection le thème du film, avant de recevoir un torrent d'applaudissements. Enfant soliste de la Maîtrise de Radio France, une brillante carrière s'ouvre à elle. Le solennel "Lincoln" à suivi, puis, "The Terminal" où domine une clarinette sautillante. "Horse of War" revint à une tonalité plus épique et lyrique, rendue avec brio, alors que "La Liste de Schindler" revenait à plus d'intimité grâce au Premier violon Boris Borgolotto et son thème bouleversant.
"l'empire du soleil" de John Williams : Main Title
Avec "Le Monde perdu : Jurassik Park" l'on retrouve l'ampleur caractéristique de John Williams, tout comme avec "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal". Trois compositions du film furent interprétées remarquablement, notamment le "Thème de Marion" réadapté de l'original, issu des "Aventuriers de l'Arche perdu".
La salle du Grand Rex à Paris

La salle du Grand Rex à Paris

© Jacky Bornet
Cet hommage à John Williams, reçu avec enthousiasme par le public venu nombreux, a montré la virtuosité d'un jeune orchestre dévoué à une musique qui remporte un succès croissant lors de ciné-concerts de plus en plus nombreux et à chaque fois bourré à craquer. Musiciens et chef d'orchestre étaient visiblement emportés par leur prestation. Un bémol toutefois, et ce n'est pas imputable à la formation. Forte de 80 interprètes, qui se donnent à fond, elle mériterait d'être amplifiée à 100 ou 120 musiciens pour donner toute l'ampleur orchestrale aux compositions les plus épiques de John Williams. Mais un bémol, ce n'est qu'un demi-ton en deçà de la note d'un concert à la hauteur.