"Green Zone" : Matt Damon reverdit les zones d'ombres du conflit irakien

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 14/04/2010 à 10H13
"Green Zone" : Matt Damon reverdit les zones d'ombres du conflit irakien

"Green Zone" : Matt Damon reverdit les zones d'ombres du conflit irakien

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Le film "Green Zone" du réalisateur britannique Paul Greengrass est sorti en France le 14 avril 2010. Ce film se penche sur la question de la présence ou non d'armes de destruction massive cachée par le régime de Saddam Hussein et sur les mensonges présumés de l'administration américaine pour justifier son intervention de 2003 en Irak.

La "Zone verte" s'étend sur près de 10 km2 dans le centre de la capitale irakienne.
Ce quartier, autrefois occupé par les dignitaires Baassistes et qui abrite l'ancien Palais présidentiel de Saddam Hussein, a été institué en Avril 2003 par le commandement  américain pour faire face à la persistance des combats et tenté d'enrayer les attentats.
Il s'agit d'une zone ultra-sécurisée destinée à protéger des intérêts diplomatiques et stratégiques, comme le QG des forces américaines en Irak, l'ambassade des Etats-Unis ou le siège des Nations-Unies à Bagdad, mais également à offrir un semblant de paix aux officiers et officiels occidentaux présents sur place. Un dispositif de sécurité qui n'a pas empêché de nombreuses attaques et attentats perpétrés par des groupes armés d'insurgés irakiens, dont l'un des plus meurtriers et des plus symboliques fût sans doute l'attentat du 19 Août 2004 contre l'immeuble des Nations-Unies, 24 personnes furent tuées parmi lesquelles l'envoyé spécial de Kofi Annan en Irak, le diplomate brésilien Sergio Vieira de Mello.  Si Paul Greengrass décide de nous plonger dans cet enfer irakien à la recherche d'armes de destruction massive, c'est pour s'attaquer aux mensonges de l'administration Bush sur les motivations réelles du conflit. Le réalisateur s'était déjà penché en 2002 sur les dérapages des troupes britanniques lors du fameux "Bloody Sunday", le massacre à Derry en 1972 de 14 manifestants pacificistes nord-irlandais. En 2005, avec "Omagh" il pointait du doigt la folle dérive meurtrière des derniers soldats de l'IRA, responsable d'un attentat sanglant sur le marché d'Omagh en 1998 qui coûta la vie à 29 personnes. Un an plus tard, en 2006 Greengrass célébrait les héros du "vol 93" de la United Airlines, qui le 11 septembre 2001 avait fait le choix de se révolter contre les preneurs d'otage qui projetaient d'écraser ce quatrième avion sur la Maison-Blanche. Et si les deux autres long-métrages de ce réalisateur, au goût prononcé pour la sueur et les larmes, s'appellent eux, en français,"La Vengeance dans la peau" (2007) et "La mort dans la peau" (2004), c'est tout simplement
que Paul Greengrass est un ancien journaliste cameraman de la chaîne britannique ITV pour laquelle il a couvert plusieurs conflits armés. C'est d'ailleurs cette manière de filmer caméra à l'épaule au coeur de l'action qui constitue sa signature cinématographique.   

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