Festival Sundance : la bonne santé du cinéma américain indépendant

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 18/01/2012 à 09H41
Au Festival Sundance 2011... (21/01/2011)

Au Festival Sundance 2011... (21/01/2011)

© Joe Scarnici / Getty Images / AFP

Le 28e Festival du film de Sundance, qui débute jeudi à Park City dans les montagnes de l'Utah (Ouest des USA), témoigne de la bonne tenue du cinéma indépendant américain, face à la puissance de l'industrie hollywoodienne.

Le festival, fondé par Robert Redford pour donner une visibilité à la production indépendante américaine et internationale, souvent éclipsée par les grands studios, est devenu le rendez-vous incontournable des "indés". Toutefois, Hollywood n'hésite pas à venir y repérer les nouveaux talents.

Sundance, qui se déroule du 19 au 29 janvier, présente cette année 117 longs métrages venus de 30 pays, parmi lesquels 45 premiers films (dont 24 en compétition) et 91 premières mondiales.

Le cinéma "indé" a gagné en "maturité"
"Je constate que la qualité du cinéma indépendant est bien meilleure qu'il y a seulement dix ans", déclare à l'AFP John Cooper, directeur général du festival. "A mesure que le mouvement indépendant gagne en maturité, la barre est plus haute chaque année. Les cinéastes en ont conscience et ils savent qu'ils sont en concurrence les uns avec les autres."

La grande majorité des films présentés à Sundance n'ont pas de distributeur au moment de leur projection et les chalets de Park City résonnent chaque année des tractations entre les distributeurs indépendants - comme la Weinstein Company des frères Weinstein - et les divisions "art et essai" des studios, qui se disputent à coups de millions de dollars les films les plus prometteurs.

Au final, beaucoup d'entre eux - notamment les films américains en compétition - trouvent un acheteur, certains réalisant même de belles carrières en salles et aux Oscars comme, ces dernières années, "Precious", "Little Miss Sunshine", "Winter's bone" ou "Blue Valentine".

En prise avec l'actualité mondiale
Si les films sur les guerres en Irak et Afghanistan, très présents en 2010 et 2011, sont absents cette année de la compétition de documentaires - l'un des domaines d'excellence du festival -, les soubresauts du monde sont bien présents dans les salles de Park City. La révolution égyptienne est au coeur de "1/2 Revolution", tandis que le conflit israélo-palestinien est évoqué à travers l'histoire personnelle d'un vidéaste amateur palestinien ("5 broken cameras") ou les agissements de Tsahal dans les territoires palestiniens ("The Law in These Parts").

Les grands sujets de société seront également abordés, du nucléaire ("The Atomic States of America") au système de santé américain ("Escape Fire"), en passant par la guerre contre la drogue ("The House I live In") ou la relation complexe entre homosexualité et Eglise ("Love Free or Die").

Un documentaire très attendu, ("The Invisible War"), enquête pour sa part sur l'un des tabous de l'armée américaine: la recrudescence des viols des femmes soldats par leurs collègues masculins.

Spike Lee, Stephen Frears, Julie Delpy... et quelques stars hollywoodiennes
Côté fiction, plusieurs grosses pointures viennent présenter leur dernier film, à l'instar de Spike Lee ("Red Hook Summer") ou du Britannique Stephen Frears ("Lay the favorite"), tandis que plusieurs stars hollywoodiennes, pas du tout hostiles à un petit détour indépendant, sont attendues à Sundance, parmi lesquels Catherine Zeta-Jones, Zoë Saldana, Sigourney Weaver, Bradley Cooper, Richard Gere, Dennis Quaid ou Bruce Willis. La Française Julie Delpy présente pour sa part "2 days in New York", la suite de son joli succès "2 days in Paris" (2007).

Enfin, cette année, la section parallèle Next est encore dédiée aux films à tout petit budget, tandis que Park City At Midnight proposera une sélection de films d'horreur et de série B.