PIFFF : trois questions à Lucile Hadzihalilovic, seule femme du jury

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 25/11/2011 à 16H55
Lucile Hadzihalilovic

Lucile Hadzihalilovic

© PIFFF

Lucile Hadzihalilovic est scénariste et metteur en scène. Elle a sorti en 2004 "Innocence" qui flirtait avec le fantastique et dont la principale référence est "Pique-nique à Hanging Rock" (1977, Peter Weir). Lucile Hadzihalilovic a travaillé avec Gaspard Noé sur "Carne" et "Seul contre tous", ainsi que "Enter the void" pour le scénario. L’interview étant une table ronde, deux confrères de Horreur.com interviennent.

Jacky Bornet : Si vous êtes jurée au PIFFF, c’est que vous aimez le fantastique. Quelles sont vos préférences ?  Vont-elles à Jacques Tourneur, tout en suggestion, ou au gore d’« Evil Dead » ?

Lucile Hadzihalilovic : Ah, c’est difficile de choisir entre les deux. Je crois qu’il faut les deux. Je crois que les Jacques Tourneur se font rares. J’ai envie de dire Jacques Tourneur, mais j’aime beaucoup aussi quand on voit les choses. Ce qui est génial avec le fantastique et plus particulièrement l’horreur, c’est de voir très frontalement des images que l’on n’ose pas montrer. Mais j'aime les deux. Toutefois, naturellement, je penche pour la suggestion et la poésie.

Je peux aussi aimer les deux. Par exemple, un de mes films préférés est "L’Exorciste" (1974, William Friedkin ndr). Peut-être est-ce très féminin de dire cela, puisqu’il s’agit de l’histoire d’une petite fille. Il y a d’une part l’horreur frontale et tout à la fois une approche psychologique très bizarre, avec beaucoup d’ambiance, la maison, l’examen à l’hôpital… Il y a à la fois de la profondeur et des choses très choquantes visuellement qui aboutissent à une impression très réaliste. Pour moi, la scène la plus effrayante est celle de l’hôpital, très réelle et à la fois émotionnelle avec tout cet univers derrière.

"Innocence" de Lucile Hadzihalilovic

"Innocence" de Lucile Hadzihalilovic

© The Picture Desk/Kobal

Horreur. Com : Quel est le film que vous attendez le plus en compétition ?
L.C.
: Je n’ai pas voulu savoir ce qu’il y avait dans la compétition. Je ne veux pas attendre trop d’un film. Je n’ai même pas voulu regarder les bandes annonces. Je préfère essayer de savoir le moins de choses possibles. Il n’y a rien de mieux que d’être vierge devant un film. De plus, je ne connais rien des réalisateurs qui ont fait les films projetés. Je préfère ne rien savoir, ou pas trop savoir.

Horreur.com : Comment vous-êtes-vous retrouvée dans le jury ?
L. C.
: Il faut demandez cela à ceux qui me l’ont proposé. Peut-être que je suis un peu la fille de service (les trois autres jurés sont masculin ndr). Mais ça me va très bien, je suis très, très contente d’être là. Je trouve cela tellement agréable de voir des films quand on est dans un jury. Parce qu’on est tellement focalisé dessus. On oublie tout le reste. Et cela me fait plaisir de connaître les appréciations de mes collègues. Je connais Christophe (Gans ndr) depuis très longtemps. Nous avions 20 ans, au Festival du Rex. Il présentait alors un court métrage et je me souviens de sa présentation. C’est d’autant plus drôle de se retrouver aujourd’hui. C’est un cinéphile inouï.
Roger (Avary), j’aime beaucoup ce qu’il fait, je l’ai croisé une fois. Nous avons déjà été jurés dans un autre festival ensemble et je suis très curieuse d’entendre ses avis.