"Masks" : "Suspiria" revisité

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 28/11/2011 à 02H31
Après plusieurs échecs dans divers conservatoires d’art dramatique, Stella est enfin retenue dans un atelier privé aux méthodes extrêmement particulières…
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© PIFFF

Fan de gialo (film noir italien), l’Allemand Andreas Marschall a produit de ses deniers son film, tenant à rendre hommage à ce genre qu’il adule, visiblement, selon la présentation qu’il a donné de son film. "Masks" s’avère une relecture de "Suspiria" (1976) de Dario Argento qui, dans la filmographie du maître italien, correspond à sa bascule dans le fantastique. Le public n’y a pas été insensible puisqu’il lui a délivré son prix.

Adaptation
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Andreas Marschall connaît son "Suspiria" par cœur. Chef d’œuvre d’Argento, le cinéaste parvenait à sublimer le gialo qu’il avait beaucoup pratiqué auparavant ("Quatre mouches de velours gris", "Le Chat à neuf queues", "L’oiseau au plumage de cristal", "Profondo Rosso"), en lui donnant une couleur fantastique avec un baroquisme époustouflant.

Andreas Marschall remplace l’institut de danse par une académie de comédiens et la sorcellerie par un vampirisme qui renvoie aux "Vampires" (1956) de Riccardo Freda et Mario Bava. Bonne idée. Il suit à la ligne l’évolution de l’intrigue originale et recadre des plans entiers du film originel. "Masks" fait ainsi penser à la transposition en couleur de "Psycho" par Gus Van Sant en couleur, exercice qui frisait l’expérimental. Mais les intentions ne sont pas les mêmes.

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Calque
Jusqu’à une réorchestration du célèbre thème de la musique des Goblins, tout  y est. Aussi, "Mask"s n’est pas tant un hommage au gialo (le film de référence serait alors "Six femmes pour l’assassin", 1964, Mario Bava) qu’à "Suspiria". Le film de 1976 empruntait les codes du gialo (thriller policier à litalienne) pour en faire un film fantastique à part entière. L’amateur y trouvera toutefois son compte, et Marschall montre un talent certain, tout en étant plus explicite dans les motivations maléfiques de l’institut. Même si elles sont ingénieuses, ce n’est pas forcément un bien.

"Mask"ne peut atteindre l’ampleur du film d’Argento, toujours d’une efficacité et beauté diaboliques aujourd’hui. Ce qui fait que, vu le calque, le film, malgré son savoir-faire et son talent, semble un peu vain  Andreas Marschall a réalisé son "Suspiria",  point barre. En plus du Prix du public, "Masks" s’est vu récompensé du Prix Frisson Ciné+. C’est à croire que personne n’a vu l’original.

Masks
D’Andreas Marschall (Allemagne)  – 1h48
Avec : Susen Ermich, Magdelena, Ritter, Julita Witt
Sortie : pas de sortie prévue à ce jour